Vie et mort du capitalisme financier

Je me suis permis de citer Meyssan et d’élaborer un peu sur son bel article très informatif pour la thèse mettant fin au capitalisme financier.

 

Victoire encore actuelle du capitalisme financier, mais mort actée

 

Le monde d’aujourd’hui est encore celui du capitalisme financier qui ravage une à une les économies pour le seul profit de quelques super-riches, mais ça prend fin bientôt.

Son stade suprême suppose la division du monde en deux : d’un côté les pays stables et mondialisés, de l’autre des régions du monde privées d’États, réduites à n’être que de simples réserves de matières premières.

Ce modèle, contesté aussi bien par le président Trump aux États-Unis, les Gilets Jaunes en Europe occidentale ou la Syrie au Levant agonise sous nos yeux.

Le capitalisme financier est un terme péjoratif utilisé par les opposants au capitalisme pour désigner une sorte de capitalisme qui serait déconnecté de « l’économie réelle » et où l’importance accordée à l’actionnaire serait largement excessive. Le capitalisme financier est une expression, qui est régulièrement utilisée, pour qualifier un système économique qui repose principalement sur le profit.

Mort et défaite enclenchée du capitalisme financier

 

On assiste depuis peu à l’effondrement des repères actuels du monde. Nous entrons, selon Thierry Meyssan, dans une courte période de transition, au cours de laquelle les actuels maîtres du jeu que sont les « capitalistes financiers » —et ceux qu’il désigne ainsi n’ont aucun rapport avec ni avec le capitalisme originel, ni avec la banque originelle— vont être écartés au profit des règles de droit énoncées par la Russie en 1899.

C’est un moment qui n’arrive qu’une ou deux fois par siècle. Un nouvel ordre du monde surgit. Toutes les références antérieures disparaissent. Ceux qui étaient voués aux gémonies triomphent tandis que ceux qui gouvernaient sont précipités aux enfers. Les déclarations officielles et les interprétations que livrent les journalistes ne correspondent manifestement plus aux événements qui s’enchainent. Les commentateurs doivent au plus vite changer leur discours, le renverser en totalité ou être happés par le tourbillon de l’Histoire.

Rappelez-vous de Stalingrad

 

La bataille de Stalingrad est la suite des combats du 17 juillet 1942 au 2 février 1943, pour le contrôle de la ville de Stalingrad, entre les forces de l’URSS et celles du Troisième Reich et de ses alliés. Ces combats incluent l’approche de la ville par les armées de l’Axe, les combats urbains pour sa conquête à partir de septembre 1942, puis la contre-offensive soviétique, jusqu’à l’encerclement et à la reddition des troupes allemandes. L’ensemble de ces combats, dans et hors de la ville, se sont étendus sur un peu plus de six mois et ont coûté la vie à plus de 800 000 Soviétiques, civils et combattants, et à 400 000 militaires allemands, roumains, italiens, hongrois et croates.

Avec la bataille de Moscou, en décembre 1941, et la bataille de Koursk, en juillet 1943, elle constitue l’une des grandes défaites de l’armée allemande sur le front de l’Est et un tournant stratégique majeur de la Seconde Guerre mondiale. Elle reste dans les mémoires pour l’âpreté des combats urbains, n’épargnant ni civils ni militaires, ainsi que pour ses impacts psychologiques et symboliques.

La bataille de Stalingrad dure d’août 1942 à février 1943. Elle fut le symbole des enjeux militaires et idéologiques du conflit et surtout un tournant stratégique majeur dans la Seconde Guerre mondiale. Elle marque le début de la retraite interrompue de l’armée allemande en Europe de l’Est, jusqu’à la défaite finale en 1945 avec la conquête de Berlin par l’Armée rouge. La suite des événements était inéluctable. Mais il fallut pourtant attendre le débarquement de l’Angleterre et des États-Unis en Normandie en juin 1944, la conférence de Yalta en février 1945, le suicide du chancelier Hitler en avril 1945 et enfin la capitulation du Reich le 8 mai 1945 pour voir se lever ce monde nouveau. La bataille de Berlin constitue la dernière bataille terrestre de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Lancée le 16 avril 1945 par les Soviétiques, elle s’achève le 2 mai 1945 par la reddition des derniers soldats allemands de la garnison de Berlin. Durant cette bataille sans issue, Adolf Hitler, Führer d’un Reich aux abois, coordonne la défense allemande, mais les effectifs déployés par le Reich, sous équipés, ne peuvent s’opposer efficacement aux unités soviétiques.

En un an (juin 44-mai 45), le Grand Reich avait été remplacé par le duopole soviéto-US. Le Royaume-Uni et la France, qui étaient encore les deux premières puissances mondiales, douze ans plus tôt, allaient assister à la décolonisation de leurs Empires.

 C’est un moment comme celui-là que nous vivons aujourd’hui.

 

Chaque période historique a son propre système économique et construit une super structure politique pour le protéger. Lors de la fin de la Guerre froide et de la dislocation de l’URSS, le président Bush père démobilisa un million de militaires US et confia la recherche de la prospérité aux patrons de ses multinationales. Ceux-ci firent alliance avec Deng Xiaoping, délocalisèrent les emplois US en Chine qui devint l’atelier du monde. Loin d’offrir la prospérité aux citoyens US, ils accaparèrent leurs profits, provoquant progressivement la lente disparition des classes moyennes occidentales. En 2001, ils financèrent les attentats du 11 septembre pour imposer au Pentagone la stratégie Rumsfeld/Cebrowski de destruction des structures étatiques. Le président Bush fils transforma alors le « Moyen-Orient élargi » en théâtre d’une « guerre sans fin ».

Les évènements-clé aujourd’hui et le monde nouveau qui apparaît

 

  • La libération en une semaine d’un quart du territoire syrien n’est pas seulement la victoire du président Bachar el-Assad, « l’homme qui depuis huit ans doit partir », elle marque l’échec de la stratégie militaire visant à établir la suprématie du capitalisme financier. Ce qui paraissait inimaginable a eu lieu. L’ordre du monde a basculé. La suite des événements est inévitable.
  • La réception en très grande pompe du président Vladimir Poutine en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis atteste du spectaculaire revirement des puissances du Golfe qui basculent dès à présent dans le camp russe.
  • La tout aussi spectaculaire redistribution des cartes au Liban sanctionne le même échec politique du capitalisme financier. Dans un pays dollarisé où l’on ne trouve plus de dollars depuis un mois, où les banques ferment leurs guichets et où les retraits bancaires sont limités, ce ne sont pas des manifestations anti-corruption qui stopperont le renversement de l’ordre ancien.
  • Le Royaume-Uni a déjà replié ses forces spéciales de Syrie et tente de sortir de l’État supranational de Bruxelles (Union européenne). Après avoir pensé conserver le Marché commun (projet de Theresa May), il décide de rompre avec toute la construction européenne (projet de Boris Johnson).
  • Après les erreurs de Nicolas Sarkozy, de François Hollande et d’Emmanuel Macron, la France perd subitement toute crédibilité et influence.
  • Les États-Unis de Donald Trump cessent d’être la « nation indispensable », le « gendarme du monde » au service du capitalisme financier pour redevenir eux-mêmes une grande puissance économique.
  • Ils retirent leur arsenal nucléaire de Turquie et s’apprêtent à fermer le CentCom au Qatar.
  • La Russie est reconnue par tous comme le « pacificateur » en faisant triompher le droit international qu’elle avait créé en convoquant, en 1899, la « Conférence internationale de la paix » de La Haye, dont les principes ont été depuis foulés aux pieds par les membres de l’Otan.

La Conférence internationale pour la paix de 1899. Il aura fallu plus d’un siècle pour comprendre ses implications.

 

Comme la Seconde Guerre Mondiale a mis fin à la SDN pour créer l’Onu, ce monde nouveau va probablement accoucher d’une nouvelle organisation internationale fondée sur les principes de la Conférence de 1899 du tsar russe Nicolas II et du Prix Nobel de la paix Français, Léon Bourgeois. Il faudra pour cela d’abord dissoudre l’Otan, qui tentera de survivre en s’élargissant au Pacifique, et l’Union européenne, État-refuge du capitalisme financier.

Il faut bien comprendre ce qui se passe. Nous entrons dans une période de transition. Lénine disait, en 1916, que l’impérialisme était le stade suprême de la forme de capitalisme qui disparut avec les deux guerres mondiales et la crise boursière de 1929.

 

 

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