Echec de Sylvie Goulard à la Commission européenne : les leçons d’un camouflet pour Emmanuel Macron

Avec le rejet de la candidature de Sylvie Goulard, que le chef de l’Etat avait proposée au poste de commissaire européen, le Parlement européen a infligé au président français une leçon de morale et de politique.

 

Cinq mois après la campagne des élections européennes au cours de laquelle il s’était présenté comme le rénovateur de l’Europe, Emmanuel Macron subit un sérieux camouflet. Le rejet, jeudi 10 octobre, de la candidate qu’il avait proposée au poste de commissaire européen a été sans appel. Par 82 voix contre 29 et une abstention, les eurodéputés ont estimé que Sylvie Goulard n’était pas apte à occuper la fonction qui avait pourtant été taillée pour elle : l’ancienne eurodéputée, ancienne ministre de la défense, devait gérer l’important portefeuille regroupant le marché intérieur, l’industrie, la défense, l’espace, le numérique et la culture. Il n’en sera rien.

Avec cette candidature, Emmanuel Macron a joué avec le feu et il a perdu. Sylvie Goulard avait pour elle quatre atouts : une compétence européenne unanimement reconnue, un carnet d’adresses fourni, un pouvoir d’influence certain. Nec plus ultra : elle entretenait une relation de confiance avec les Allemands, et notamment avec la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen.

Un faux pas qui fragilise la France

Elle avait cependant un point faible qui est devenu son boulet : aux yeux des parlementaires européens, elle n’était pas totalement« clean ». L’affaire des emplois présumés fictifs du MoDem au Parlement européen la poursuit depuis sa démission du ministère de la défense en mai 2017. Même si elle n’a pas été mise en examen, il est évident que les deux enquêtes en cours la rendaient vulnérable. La candidate avait aussi à répondre d’un possible conflit d’intérêts, concernant le travail de « consultante » qu’elle avait effectué entre 2013 et janvier 2016, pour l’institut Berggruen, un think tank fondé par un milliardaire américano-allemand qui la rétribuait plus de 10 000 euros brut par mois.

Ces deux fragilités étaient connues depuis le départ, mais elles ont été jugées secondaires par le président de la République, qui a fait fi de tous les avertissements. Seule comptait à ses yeux la compétence de sa candidate. En retour, le Parlement européen lui a infligé une leçon de morale, car c’est au nom de l’éthique que les élus ont affirmé leur pouvoir de contrôle démocratique sur la Commission européenne. Après la Roumanie et la Hongrie, la France est ainsi le troisième pays à voir son candidat recalé, ce qui n’est pas bon pour son image de marque.

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1 Commentaire
  • gournouf
    Publié à 09:37h, 17 octobre Répondre

    il faut revenir à plus de modestie et surtout d intelligence: sortir de l euronouillisme béat!!! le frexit seule solution

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