Les classes sociales, ferment de la révolte et de la lutte

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ? Eh bien non ! Tout le monde roule pour sa classe sociale d’appartenance. Et quand on est menacé on vote pour un champion qui fait tirer au LBD, fait arracher des mains et envoie en prison. Mais ça s’explique fort bien, hélas ! Y’a qu’à lire jusqu’au bout.

 

La classe ouvrière, les prolétaires

 

Il s’agit globalement des ouvriers et des petits employés. Jusqu’à la deuxième guerre mondiale, on peut considérer que les ouvriers et petits employés formaient un groupe homogène. Après la guerre et tout au long des Trente Glorieuses, dans un contexte d’évolution très rapide du progrès technique, la classe ouvrière a éclaté : elle a subi d’abord un déclin numérique dans la mesure où de nombreux ouvriers ont été remplacés par des machines, puis elle s’est peu à peu intégrée à la classe moyenne.

En effet le niveau de qualification des ouvriers et employés s’est élevé et s’élève continuellement afin d’adapter le travail réalisé aux machines de plus en plus complexes qui équipent l’appareil productif.

La classe moyenne

 

Au début du XIXème siècle, Tocqueville utilise ce vocable pour désigner le groupe qui, sans exercer le pouvoir, détient la richesse, autrement dit la bourgeoisie.

La classe moyenne de nos jours ne détient pas la richesse mais est caractérisée par un certain niveau social dit “moyen” dans la mesure où les différents “capitaux” (définition de Bourdieu) dont dispose l’individu se situent dans la moyenne par rapport aux autres classes.

La classe supérieure

 

Il s’agit des individus disposant des différents capitaux (dont parle BOURDIEU) au niveau supérieur de l’échelle d’évaluation.

Le problème de la conscience de classe et de l’action collective

 

La conscience d’intérêts communs ne suffit pas à engendrer une action collective : une grève qui serait profitable à un groupe d’ouvriers n’aura pas lieu si les individus décident de privilégier leurs propres intérêts. L’ouvrier peut estimer que sa non-participation lui évite de subir des pertes de salaire sans le priver des avantages obtenus par les grévistes qui font la grève pour lui.

Or, si tout le monde raisonne ainsi, le mouvement ne peut avoir lieu. Le rassemblement pour la défense d’intérêts communs ne peut donc pas être considéré comme allant de soi.

La bourgeoisie est la classe sociale actuellement dominante, à qui profite le système capitaliste. Elle se définit comme l’ensemble des propriétaires des moyens de production. De la petite à la grande bourgeoisie, ils ont tous en commun de vivre de l’exploitation du travail.

Dans la théorie marxiste, la bourgeoisie est la classe sociale dominante qui, dans un pays capitaliste, détient les moyens de production et exploite le prolétariat en essayant de maintenir le coût de la main d’oeuvre le plus bas possible.

En France, tous les habitants bénéficient d’une égalité de droit. Cela implique, entre autres, qu’aucun groupe social n’est censé détenir plus de pouvoirs ou d’avantages qu’un autre.

La Révolution Française a mis fin aux privilèges et a permis l’égalité civile et politique, malheureusement elle n’aboutit pas à l’égalité sociale. A la caste des nobles, balayée par le peuple, succéda une aristocratie qui s’installa presque immédiatement sur les ruines de leurs prédécesseurs.

Il est vrai que les nobles, ‘en échange’ de leurs privilèges se devaient d’assurer un certain nombre de devoirs tels que la gestion des productions agricoles, des fonctions militaires, policières et juridiques. Mais le plus grand de leurs privilèges étaient sans aucun doute, celui du prestige, c’est-à-dire d’être assimilés à une représentation de supériorité socialement partagée.

De cette représentation naquirent les expressions de ‘classes dirigeantes’ ou encore ‘d’autorités sociales’, signifiants d’une capacité à réguler et conduire la communauté, tant sur le plan intellectuel, économique, politique que social.

Qui sont les bourgeois ?

 

Alors qu’elle ne dispose d’aucune existence légale ou juridique, la classe des bourgeois n’en est pas moins une réalité sociale qui marque toujours l’inconscient collectif. Rappelons en effet les slogans « président et ami des riches » ou encore la chanson « les bobos » de Renaud. Comment cette démarcation sociale est-elle parvenue à se maintenir malgré le nivellement des connaissances culturelles et des ressources financières ?

Il est bien évident que cette frontière ne se fonde sur aucun jugement empirique raisonné : d’ailleurs sur quels éléments pourrait-elle se construire ? Les bourgeois s’appuient donc sur l’apparence et l’image pour affirmer leur différence vis-à-vis des ‘non-bourgeois’. Or, rien n’est plus remarquable que la richesse, visible dans le choix des vêtements, des bijoux, de la voiture, ainsi qu’au travers de l’attitude et de la gestuelle.

Dos bien droit, vêtements cintrés, tête haute, habitation dans des quartiers cossus, inscription des enfants dans des écoles privées élitistes ou encore logement dans des maisons dites ‘bourgeoises’, toutes ces habitudes de vie ont pour fonction de donner à voir son appartenance à la bourgeoisie.

S’il est certain qu’une certaine richesse est nécessaire à l’acquisition de ces faire-valoir, elle est moins centrale que la manière de l’utiliser. Ce mode de vie crée d’ailleurs un certain nombre d’incohérences et de contradictions : un bourgeois consacrera moins d’argent à l’achat de nourriture, mais veillera à ce que le repas se déroule dans le respect d’un certain nombre de rituels établis : tenue de table impeccable, service etc.

Bourgeois et travail

 

Tout comme l’essentiel, au niveau financier, porte sur la façon dont on emploie son argent, l’important, au niveau professionnel, consiste en la manière de ‘s’utiliser’ soi-même. Cela implique, d’ores et déjà, de ne pas être ‘utilisé’ par un autre que soi : les femmes utilisent bien volontiers leurs savoirs en matière de couture et autres tricots pour réaliser des décorations, leurs robes ou leurs chapeaux mais ne raccommoderaient jamais les chaussettes de leur famille, ce serait ‘s’utiliser’ pour eux.

De même, les hommes ne peuvent imaginer exercer un métier manuel, car le seul fait d’exploiter son corps d’une façon physique, semble indécent. Sont interdits également toutes les professions salissantes lesquelles, dans tous les sens du terme, entacheraient l’image du bourgeois. De ces lois internes implicites découlent une orientation privilégiée vers les professions d’encadrement et de direction, de gestion, de droit ou encore de politique, c’est-à-dire celles dans lesquelles les fonctions consistent à ‘utiliser’ autrui.

L’Oligarchie :

 

Système politique dans lequel le pouvoir appartient à un petit nombre d’individus ou de familles, à une classe sociale restreinte et privilégiée. Organisation dans laquelle le pouvoir de décider, de diriger appartient à un petit nombre d’individus.

Peut-on parler réellement de France d’en bas pour qualifier les Gilets jaunes ?

 

Oui, c’est la France de catégories populaires et des petits salaires. Il ne s’agit pas exclusivement la France des pauvres. Mais l’instrumentalisation des pauvres par la bourgeoisie est vieille comme le monde.Dans les débats, on fait souvent l’impasse sur quelque chose : les pauvres sont issus des classes populaires à 99%. Il y a un lien organique entre ces dernières, même si elles travaillent, et les pauvres. Dans les milieux populaires, et c’est le cas chez les Gilets jaunes, il y a des gens qui occupent un emploi, heureusement. Mais ils sont parfois passés par la case pauvreté. Ils ont souvent dans leur entourage une sœur, un cousin, un père, etc. qui est pauvre. La pauvreté est intégrée au monde populaire. Mais la bourgeoisie, au moins depuis le XIXe siècle, fait tout pour scinder en deux les pauvres et les milieux populaires. Mais il n’y a pas d’oppositions de principe. C’est pareil avec les minorités.

Effectivement, les Gilets jaunes ne sont pas les plus pauvres, puisque être contraint de prendre sa voiture pour travailler exige d’avoir un emploi, même mal payé…

Les mouvements sociaux ne sont jamais portés par les pauvres. Ils sont trop fracassés. Quand on est pauvre, on pense juste à boucler non pas les fins de mois, mais les fins de journée. On ne se mobilise pas, c’est évident. Mais il n’y a pas d’opposition. On peut être dans les milieux populaires et avoir conscience de la pauvreté parce qu’elle est très proche. Pourquoi ? Parce que ces gens ont des petits salaires et vivent sur des territoires où il y a très peu de créations d’emploi. La case pauvreté vous attend très probablement, si vous perdez votre emploi. Le champ du possible se restreint pour soi-même et pour ses enfants hors des métropoles.

La classe moyenne devait, à terme, englober, selon la classe dirigeante, deux Français sur trois. Il semble pourtant qu’elle est en voie de précarisation. Les classes populaires sont-elles en train de grossir à cause de ce phénomène ?

 

Dans le dernier livre de Guiluy, No Society, il me penche sur la classe moyenne, au sens culturel. Il laisse de côté la définition économique. Savoir à quel niveau de revenu on entre dans la classe moyenne, c’est une construction intellectuelle. Le plus important, c’est qu’hier, la classe moyenne était majoritaire. Il s’agissait en effet des « deux Français sur trois » de Valéry Giscard d’Estaing. Les gens étaient intégrés économiquement, donc politiquement et donc culturellement. Tout cela formait un tout. Aujourd’hui, nous voyons bien que cette catégorie qui allait de l’ouvrier au cadre, n’a plus de sens.

Elle commence à disparaître à partir des années 1980. Il s’agit d’une conséquence du modèle mondialisé. La société devient de plus en plus clivée. Comme l’a montré Thomas Piketty, il y a une vraie poussée des inégalités. Le système économique fait exploser la classe moyenne dans le sens culturel, en France, en Europe ou aux États-Unis.

Nous sommes bien dans un mouvement de recomposition des classes sociales. Ce qui intéresse dans ce mouvement, c’est qu’on appelle « le mouvement réel des sociétés », c’est-à-dire celui du plus grand nombre et donc des classes populaires. Il s’imposera de toute façon. C’est pour cela que les Gilets jaunes ne surprennent pas. Nous avons là des gens qui peuvent être ouvriers, petits indépendants, paysans, etc. Hier, certains étaient considérés comme des catégories de gauche, comme les ouvriers, et d’autres de droite, comme les paysans. Aujourd’hui, ils se retrouvent et ont une perception commune des effets du système économique mondialisé. Cela montre bien une recomposition sociale, politique et culturelle. L’essentiel des partis politiques l’ont raté.

L’absurdité des 75%, leur crasse connerie

 

Macron gagne tout grâce à son socle indéfectible des bourgeois, soit 25%.

Le reste, les 75% de Français, sont des cons finis. Ils votent pour 36 listes différentes et concurrentes si bien que les bourgeois du socle Macron qui votent comme un seul homme l’emportent.

Toute l’astuce de la classe dominante c’est de faire en sorte d’entretenir 36 partis avec leurs quelques centaines de chefs. Ça castagne et ça n’a aucune efficacité. Le jour où ces cons de Français comprendront ça et qu’il faut faire des alliances ils prendront le pouvoir. En attendant ils en prennent plein la gueule.

 

 

ALgarath

« On ne peut faire boire un âne qui n’a pas soif »

 

 

 

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