Discours de politique générale : Edouard Philippe annonce… qu’il va continuer comme avant

Bis repetita. Dans son discours de politique générale devant les députés ce mercredi 12 juin, le Premier ministre Edouard Philippe s’est contenté de préciser le calendrier de réformes déjà dans les tuyaux. Sans retenir grand-chose des revendications des gilets jaunes, ni du résultat des européennes.

 

« C’est l’acte deux du quinquennat. »

 

Edouard Philippe s’est improvisé metteur en scène ce mercredi 12 juin, devant les députés. Dans la foulée d’Emmanuel Macron, qui avait annoncé en avril un « nouvel acte » de son mandat, le Premier ministre a tenté de vendre une nouvelle impulsion dans son discours de politique générale, le deuxième du quinquennat. « Il y a toujours urgence », a-t-il martelé d’entrée de jeu. Mais à bien l’écouter, on retient surtout que l’exécutif semble surtout décidé… à continuer comme avant, malgré la colère des gilets jaunes et l’arrivée du Rassemblement national en tête aux élections européennes du 26 mai.

UN PEU VERT SUR L’ÉCOLOGIE

 

En réalité, la seule grosse concession à « l’exaspération fiscale », dixit le Premier ministre, est la baisse de l’impôt sur le revenu déjà esquissée par Macron. Edouard Philippe a reprécisé cette mesure prévue pour 2020 : 350 euros d’impôts de moins en moyenne pour les contribuables de la première tranche, 180 euros pour la deuxième tranche, pour un montant total de 5 milliards d’euros.

Alors qu’il n’a pas vraiment une réputation d’écologiste de la première heure, le locataire de Matignon a aussi tenté de tenir compte de la poussée du vote vert aux européennes, en insistant sur « l’ambition écologique » de son gouvernement. Mais côté concret, on ne retiendra pas tellement de nouvelles mesures, si ce n’est la suppression de « tous les produits en plastique jetable » dans l’administration. Timide…

UN AGENDA DE RÉFORMES

 

Pour le reste, Edouard Philippe s’est contenté de détailler l’agenda de réformes qui étaient déjà dans les tuyaux : retraites, dépendance, assurance-chômage, revenu universel d’activité, loi contre le gaspillage… Il a contenté l’aile gauche de sa majorité en annonçant l’arrivée au Parlement de la loi bioéthique – qui comprend la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules – « dès la fin septembre », même si seule une partie du groupe La République en marche s’est levée pour applaudir cette décision.

Mais Philippe n’a pas oublié pour autant qu’il venait de la droite. L’ex-LR a insisté sur la lutte contre « le trafic de stupéfiants », érigée en « priorité », et annoncé « un plan pour lutter contre la violence gratuite ». Surtout, alors qu’Emmanuel Macron avait annoncé un débat annuel sur la politique migratoire, son Premier ministre a indiqué que la première édition se tiendrait en septembre.

RIP LA RÉFORME DES INSTITUTIONS

 

Edouard Philippe a terminé son discours par un enterrement : celui de la réforme des institutions, qui prévoit notamment la réduction du nombre de parlementaires et l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives. Officiellement, le gouvernement attend « le moment propice », invoquant les blocages du Sénat, dont l’accord est nécessaire pour réformer la Constitution.

L’exécutif avait pourtant ajouté à cette réforme quelques mesures censées répondre à la soif de participation exprimée par les gilets jaunes, comme l’assouplissement du référendum d’initiative partagée ou la formation de « conventions de citoyens tirés au sort ». Ce sera pour les calendes grecques.

Louis Hausalter

 

 

19 visiteurs

Aucun commentaire

Écrire un commentaire