ErJiEff commente a propos sur les déclarations de Macron à Genève

Notre contributeur / auteur m’a pris de court et nous livre son analyse cohérente et complète sur le discours étonnant que Macron a tenu à Genève. Je le remercie pour son éclairage qui, comme à l’habitude, est pile dans le mille.

 

Nouveau commentaire sur votre article « Sur les Gilets jaunes, à Genève, Macron reconnaît une « erreur fondamentale » de méthode »
Auteur : ErJiEff . Commentaire :
Immanquablement cet homme livre systématiquement par ses discours et ses attitudes la matière qui sert ses détracteurs ; c’en deviendrait comique si la dignité et la sérénité des peuples n’était pas en question.

« Erreur fondamentale »: « Nous avons peut-être parfois construit des bonnes réponses trop loin de nos concitoyens. En considérant qu’il y avait des sachants et des subissants. »
Ahurissant de co… d’arrogance incontrôlée ; du Gilles Legendre dans le texte, rappelez-vous : le gars trop intelligent et trop subtil qui s’est ridiculisé il y a quelques mois…
Il n’a rien compris, et nous ressert le même plat sérieusement ranci et frelaté, sans s’en rendre compte.

« Lorsque le peuple français dit avec force ce qu’il a dit, je crois qu’il faut avec beaucoup d’humilité savoir écouter, constater ce qu’on a mal fait, ne pas arrêter de faire ce qu’on doit faire, savoir changer de méthode mais entendre l’intuition, le message profond »
– Tu parles d’une humilité ! « constater qu’on a mal fait » mais surtout ne pas s’arrêter et faire quand même » !!.???
– Tu parles d’une compréhension ! « je fais quand même, mais d’une autre manière : au lieu de t’envoyer faire foutre,
je t’abrutirai avec une surdose de langue de bois et tu n’y verras que du feu »…
Là encore, il y a redite, Sarkozy pourrait réclamer ses droits d’auteur : « j’écoute, mais je ne tiens pas compte » qu’il disait. C’est vrai que le raffinement et la recherche de style c’était pas son truc…

«les citoyens appelaient à plus de sens, plus de proximité et plus d’humanité »
– Ben voyons (la soupe est bonne, il serait dommage de s’en priver) ! Alimentaire mon cher Watson !!. Il lui aura fallu plus de six mois d’échauffourées, de mutilations, d’effets de manches, de désespoirs allant jusqu’à la haine, de misères et de souffrances étalées au grand jour… pour qu’il se rende compte, ce prétendu philosophe, qu’il a gravement manqué de sens, de proximité et d’humanité ? Mais que diable fait-il à ce poste même s’il est notoire (c’est lui-même qui l’affirme) qu’il y a été élu par défaut ?

« tous ceux qui croient, sagement assis, confortablement repus, que ce sont des craintes qu’on agite » : « La crise que nous vivons peut conduire à la guerre et à la désagrégation des démocraties. »
– Ces « tous ceux » sont une infime minorité : 20% des votes exprimés, 10% du corps  électoral, au pays de La Boétie, ceux qui par ignorance ou indifférence se complaisent à adopter une reposante servitude consentie.
– De moins en moins de monde, cependant ; il est encore une chose que la subtilité gouvernementale n’a pas encore réussi à capter : ces dix dernières années, un nouvel outil cybernétique a complètement changé la donne et remodelé le paysage ; comment diable un chef d’État  qui n’a pas un demi-siècle peut ne l’avoir pas compris ?
Un rappel est nécessaire.

Monsieur le Président,
– Pendant que vous classiez la bibliothèque de Paul Ricoeur, les citoyens lambda, les « riens », captaient Internet et en profitaient pour s’informer, comparer, évaluer, raisonner et comprendre.
– Il suffit de quelques minutes d’écoute de maxime Nicolle, Juan Branco, Jérôme Rodrigues, Priscilla Ludosky, François Boulo, Eric Drouet… pour comprendre que l’intelligence a changé de camp, que des Todd, Lordon, Onfray, Finkielkraut l’ont tout de suite perçu, et que la démocratie qui est à désagréger est très précisément la démocratie représentative, celle-là même que très effectivement, vous représentez.

Pour conclure, je ne sais laquelle des hypothèse émises par ce blog est à retenir :
Faites-vous votre mea culpa ?
Vos commanditaires vous ont-ils appelé à plus de modération ?
Comptez-vous remettre en question votre projet politique en tendant la main au mouvement populaire ?
J’aurais plutôt la désagréable impression que l’évidence par vous affichée depuis bientôt huit mois pousserait à n’en retenir aucune.

Tout simplement parce qu’il est d’ores et délà trop tard, que la crise sociale s’est faite malaise institutionnel pour devenir conflit de classe et qu’aucune solution politique, sociale, économique, ou institutionnelle ne sera trouvée qui ne  soit préalablement conditionnée par votre départ.

Vous avez mis le pays au fond d’une impasse et si vous n’assumez pas votre devoir de lui permettre d’en sortir, il sera contraint pour survivre de casser les murs qui l’entourent.
Un fin lettré comme vous ne peut ignorer, un responsable politique encore moins,  Bertolt Brecht :

On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence des rives qui l’enserrent.

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