Croyez-vous qu’Asselineau va avoir beaucoup de votes le 26 Mai ? Catalan aborde ici plusieurs autres sujets aussi.

Je suis très satisfait que certains contributeurs de talent, qui ont les qualités requises pour être des auteurs et c’est d’ailleurs comme ça que j’ai commencé en 2001 avec Oulala, proposent des commentaires élaborés, mûrement pensés et convaincants. Catalan est de ceux-là.

 

Catalan, notre contributeur, soulève plusieurs points très intéressants, qui vont certainement interpeller un assez grand nombre de lectrices et de lecteurs. Pas seulement sur les chances d’Asselineau mais aussi sur d’autres sujets importants, par exemple le fascisme et les fachos de la fachosphère, ce dernier terme se trouvant depuis cette année dans les dictionnaires.

Nouveau commentaire sur votre article « Beaucoup de commentatrices / commentateurs vont voter Asselineau aux européennes » Auteur : Catalan. Commentaire :

 

J’ai lu avec attention cet article, dans la mesure où j’avais moi-même, il y a quelques jours, posé la question de l’utilité d’un vote aux élections européennes, en précisant que si je devais me décider à aller voter ce serait pour la liste de l’UPR, l’Union européenne actuelle étant, de mon point de vue, un maillon essentiel du mondialisme néo-libéral.

A ce propos, je remercie Algarath pour les deux principaux arguments qu’il a avancés, même si j’ai eu l’impression que le deuxième argument était un peu contradictoire avec le premier (voter UPR ne pourrait pas être la solution la plus optimale de satisfaire à l’énoncé du premier argument).

Mais ce qui m’incite à commenter cet article aujourd’hui, ce n’est pas tant l’opportunité d’aller voter ou non, que des expressions utilisées par Danny. Ce sera donc plus une réaction qu’une argumentation sur le thème des élections européennes.

Sans intention polémique ou agressive de ma part, je voudrais dire que je suis fatigué par l’usage à tort et à travers des termes fascistes, fachos ou encore ancien compagnon de fachos (Philippot).

 

On sait que l’idéologie dominante fait du label « fasciste » un qualificatif passe-partout, comme les clés, insultant et discriminant à vie. Cette inclination-obsession du système dominant serait déjà un sujet d’interrogation en lui-même : ceux que dénonce ce système ne sont-ils pas justement ceux qui sont le plus orthogonaux par rapport à l’idéologie dominante ; à ce titre, ne méritent-il pas, certes parmi d’autres, d’être au moins honnêtement écoutés et simplement respectés, même si on n’épouse pas, pour autant, l’intégralité de leurs thèses, voire pas du tout ?

Je ne suis pas sûr que ceux qui utilisent, à tous propos, ce mot ô combien polysémique de fasciste connaissent vraiment ni l’histoire ni les fondements idéologiques du fascisme, et les différences qui séparent national-socialisme allemand et fascisme italien.

Je suis lassé des excès à la Mélenchon, qui, dès  le départ du mouvement des gilets jaunes, avait détecté des repousses fascistes dans cet élan populaire, et qui, au cours du mois de février, avait pris une initiative parlementaire médiatisée en vue d’une chasse-épuration des groupes d’extrême-droite. Initiative fascisante, s’il en est ; comme l’avait pressenti le philosophe allemand Martin Heidegger (un révolutionnaire-conservateur ; un nazi pour les gauchistes), à trop vouloir se démarquer d’un système d’idée, on finit par en faire partie, alors même qu’on souhaitait tant s’en éloigner.

Il me semble assez peu contestable que le slogan « FN = fachos » est, au mieux, inapproprié. En effet, le RN de MLP est un parti populaire du système républicain, démocrate, dé diabolisé (allant même jusqu’à s’afficher sioniste), idéologiquement assez à gauche, ce qui ne saurait donc, en aucun cas, en faire un parti de véritable alternative au système dominant atlantiste.

A titre secondaire, l’expression « démocrate-révolutionnaire » sur laquelle se termine l’article de Danny me paraît être un oxymore à la Tocqueville (qui parlait, lui, de totalitarisme démocratique).

Je crois que si nous voulons vraiment être des révolutionnaires d’aujourd’hui, il faudrait retravailler des termes mythifiés, tels que la démocratie directe, la non-violence ou le pacifisme, la liberté, ou encore la monade individuelle occidentale.

Il me semblait acquis, depuis quelques années, au moins dans la mouvance de ceux qui ont conscience de l’aliénation produite par le système mondialisé néo-libéral, qu’il n’y aurait pas d’issue politique efficace sans une alliance populiste de la droite et de la gauche (au vrai, de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche).

 

Le mouvement des gilets jaunes me semblait avoir enclenché ce tournant historique, propre à mettre un terme aux victoires sans discontinuer de la bourgeoisie libéralo-libertaire. A défaut de cette alliance, ce sera, au mieux, la violence révolutionnaire, au pire, une dramatique défaite et une misère désespérée pour la France périphérique.

Au final, je me suis convaincu que l’extrême-gauche restera, en dernier recours, objectivement solidaire de l’extrême-centre néo-libéral atlantiste. En dernier ressort, elle préférera toujours le libéral-libertaire mondialiste au populiste attaché à sa nation, ces hommes et femmes qui arborent le drapeau bleu-blanc-rouge dans le manifs du samedi, et qui ont l’intime conviction que les frontières protègent mieux les faibles des rapaces (d’authentiques chemises brunes, effectivement). La nazification du peuple est un travers mortifère partagé par les libéraux et l’ extrême-gauche.

Un jour viendra peut-être au cours de ce XXIème siècle…, mais ça ne sera pas encore pour cette fois-ci. Et s’il ne devait pas venir, ce jour, alors ce sera le moment de parler vraiment de fascisme (un socialisme mondial).

Ne souhaitant nourrir aucune controverse acrimonieuse, je m’en tiendrai à ces seuls propos, si Algarath les estime publiables sur son site.

Catalan

 

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2 Commentaires
  • ericle
    Publié à 19:18h, 07 mai Répondre

    Qu’est-ce qu’il cause bien le monsieur !

    Mais pour ma part, je préfère les infos sur les enfants de Sibrth N’Daye…

    Elle a donné des prénoms préislamiques à ses enfants :

    – les fillettes se prénomment Youmali et Ingissaly

    – et leur frère, Djimane.

    Là, c’est vraiment le meilleur des 2 cultures !

    Elle-même : la contraction de Sylvie et Elisabeth pour son baptême catholique… (un ministère vaut bien une messe ! disait Henri)

    En tout cas, mieux que sa mère : Oumou Khaïri ! A l’époque, l’église était loin de St Louis…

    J’imagine draguer un fille portant ce prénom… « mon Oumou…, ma Khaïri… »

    Même à l’abris des cocotiers… derrière la mosquée.

  • ErJiEff
    Publié à 12:09h, 08 mai Répondre

    Catalan,

    J’ai à vous lire le sentiment que vous raisonnez la politique en termes de Gauche versus Droite ; me trompè-je ?

    Pour ma part, je considère que la situation actuelle en Union Européenne incite à revoir le problème en termes de Souveraineté versus Dépendance.

    Le mouvement des GJ l’a très vite compris, qui n’a pas attendu un mois pour ouvrir son volet revendicatif sur le RIC. Compréhension qui s’explique pour une structure absolument résolument horizontale ou l’on retrouve des éléments de pratiquement toutes les classes, catégories et communautés de la société Française.

    En effet le RIC est pratiquement le seul moyen de permettre au militant d’extrême gauche aussi bien qu’au chef d’entreprise ou responsable d’association d’être systématiquement gouverné par la volonté de la majorité effective des votants.
    On sait d’expérience que cette volonté majoritaire n’est jamais ni extrémiste, ni dogmatique, ni catégorielle, pour la simple raison qu’elle émane dans sa globalité de personnes, pas de dogmes ni d’intérêts de caste.

    Donc et pour en revenir au problème qui vous soucie, un système RIC doit permettre d’écarter tout risque de fascisme (pas de leader pour concentrer et incarner une doctrine nationaliste), de nazisme (pas d’ancrage ethnique racial ou territorial pour identifier des ennemis), ou a fortiori tyrannique.

    C’est la souveraineté du peuple qui est en jeu, et son principal adversaire s’appelle en ce moment Emmanuel Macron.

    Voilà pourquoi pour ma part j’ai mis de côté mes sympathies gaullistes, ma tendance patriote de gauche et mon plaisir à suivre un meeting de Mélenchon face à la nécessité absolue d’infliger à LaREM la plus retentissante défaite électorale possible à l’occasion des européennes ; le but dans l’affaire consiste à ce que cette liste d’oisillons ne soit pas en tête de scrutin

    qu’elle ne puisse surtout pas crier victoire !!

    Seuls deux listes sont capables aujourd’hui de lui passer devant : RN et LR.
    Les Républicains étant malheureusement capables de profiter d’une victoire pour s’imposer dans le futur gouvernement et s’offrir encore quelques carrières de sinécure en sinécure aux dépens du contribuable (voir les dernières réactions de Valérie Pécresse au scandale de la Pitié Salpêtrière) , reste le vote Rassemblement National qui, une fois la liste de Macron claquée, ne pourra rien faire d’autre que siéger inutilement à Strasbourg.

    Je voterai donc RN, sans aucun scrupule, c’est pour moi une stratégie électorale

    Bien avoir en tête que les députés européens n’ayant aucune incidence sur quoi que ce soit, leur élection n’implique aucun engagement autre que marquer un rejet.

    Si cela peut vous servir…

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