« Gilets jaunes » : « Que ça soit le réveillon, Noël, Pâques, on tiendra tant qu’on n’aura pas ce qu’on veut »

C’est Pâques et ça continue de plus belle. Nos héros nationaux, défenseurs de la Nation, du bon sens, de la justice sociale et des démunis sont toujours là. Respect ! Ils seront là JUSQU’AU BOUT !

 

Des Picards passent leur Noël sur un rond-point où ils participent au mouvement des « gilets jaunes », bien déterminés à obtenir davantage de mesures sociales de la part du gouvernement et de l’Elysée.

Ils ne lâchent pas leur rond-point même à Noël. Lundi 24 décembre, des « gilets jaunes » ont décidé de réveillonner sur leur campement. Objectif : montrer qu’ils restent déterminés, même pendant les fêtes. C’est le cas d’une quinzaine de Picards. Ils ont passé la soirée sur le rond-point de l’Oiseau à la sortie de l’A16 près d’Abbeville dans la Somme, en entonnant un chant toute la soirée : « On ne lâche rien. »

Dans leur cabane faite de bois de palettes, ils se rassemblent autour d’une table de récupération, recouverte d’une belle nappe rouge et garnie : « Vous avez des navettes avec du pâté, on a fait des petites tartines avec du fromage blanc et de la persillade dedans », explique cette « gilet jaune ».

« Ce n’est pas un sacrifice »

 

Et elle l’affirme, pour eux, être ici n’est pas un sacrifice. « Même un soir de Noël, tant qu’on n’aura pas gain de cause, on sera toujours déterminés, le gouvernement doit encore faire des efforts », indique-t-elle. Et des efforts, c’est donner plus d’argent au peuple, estime Agnés, retraitée de 58 ans. Magalie n’a pas de gros moyens mais elle a apporté un poulet pour le repas de fête et elle est venue avec sa fille Léa. L’adolescente est contente de réveillonner ici car elle soutient ses parents dans leur combat : « C’est pour notre avenir, pour gagner plus de sous, pour que les taxes arrêtent d’augmenter », explique-t-elle.

Quand je vois sur ma paye tout ce qui est retiré, c’est énorme. Je ne peux pas dire à ma fille ‘viens, va au cinéma’, on ne peut pas. C’est dur pour nous

Magalie, « gilet jaune » de la Somme à franceinfo

Une deuxième famille

 

À l’extérieur, le brasero réchauffe les corps et les coups de klaxons de solidarité sont appréciés. Certains automobilistes s’arrêtent même pour distribuer des petits cadeaux : « Je ne suis pas le père Noël, j’amène juste des chocolats et je repasserai tout à l’heure quand on aura fini notre petit réveillon en famille, si on n’est pas trop éméchés », déclare un conducteur.

Aujourd’hui, on a eu deux bûches, des huîtres, une bouteille de champagne… Ça fait chaud au cœur. Olivia, « gilet jaune » au chômage à franceinfo

Olivia, au chômage, s’est recréé un cocon ici : « Tout le monde est solidaire, c’est vrai qu’on est là du matin jusqu’au soir, c’est comme une deuxième famille », ajoute-t-elle. Jean-Luc et Joël ont décoré le sapin posé dans le coin de la cabane, ils ne se voyaient pas réveillonner ailleurs que sur leur rond-point : « On continue. Que ça soit le réveillon, Noël, Pâques, on tiendra, tant qu’on n’aura pas ce qu’on veut, on tiendra. Il a beau dire ce qu’il veut Macron, il ne nous aura pas. Parce qu’ici, ce sont des gens déterminés, parce que faire Noël ici, chapeau ! », lancent-t-ils. Et les deux « gilets jaunes » promettent qu’ils seront au même endroit pour le jour de l’an.

ALgarath

Écrivain, journaliste politique, polémiste, simple citoyen engagé, et retraité en sursis

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