Bien joué Macron : Notre-Dame lui donne de l’air pour la sortie du « grand débat »

L’individu est rusé, madré, implacable, dénué de sentiments humains et je l’affirme, il a un côté maléfique en lui. In extremis il a pu reporter son allocution sur sa réponse au « grand débat » grâce à l’incendie de Notre-Dame.

 

En son temps Néron avait fait brûler Rome, Hitler a brûlé le Reichstag

 

Cet incendie providentiel lui permet de diffuser, d’occulter pour un moment et en intensité la mise en balance de son quinquennat. Faut-il que lui est ses oligarques aient le feu au cul et pètent de trouille. C’est notre avis, et on le croit dur comme fer.

Amateurs sans doute, ces macroniens, mais ils disposent de moyens de l’ombre considérables pour poursuivre leurs buts sinistres. Ces moyens de l’ombre sont puissants et innommables. La vieille Notre-Dame l’aura payé chèrement.

Certes Macron gagne du temps, probablement un peu moins d’un mois pour affronter l’ire populaire suite à sa réaction officielle au « grand débat » mais plus important l’affaire de Notre-Dame lui permet de redorer son blason et faisant mousser son traitement de la stratégie.

Discours d’Emmanuel Macron reporté : le plan de com’ vire au casse-tête

 

Emmanuel Macron a décidé lundi soir de reporter son allocution consacrée à la fin du grand débat à la suite de l’incendie de Notre-Dame de Paris. L’Elysée doit maintenant improviser une nouvelle stratégie de communication. Un véritable casse-tête.

Emmanuel Macron devait théoriquement s’exprimer lundi soir pour présenter ses conclusions du grand débat.

Cette fois-ci, rien n’avait fuité. Emmanuel Macron avait réussi à préserver le secret total sur son intervention de lundi soir. Elle n’a finalement pas été diffusée en raison de l’incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale de Notre-Dame de Paris. L’effet de surprise sur lequel comptait le chef de l’Etat pour faire la promotion de ses mesures a totalement été annihilé. L’entourage du chef de l’Etat espérait pourtant un « effet blast » ou un « effet waouh » pour sortir de la crise des Gilets jaunes et relancer le quinquennat.

Autre problème pour l’Elysée, des fuites dans les médias ont permis aux Français de découvrir la teneur de l’intervention du chef de l’Etat mais sans l’entendre de la part du principal intéressé. Plusieurs journalistes avaient reçu le discours en amont de l’allocution du chef de l’Etat et ont décidé de diffuser des extraits dès mardi. Conséquence : des personnalités politiques ou les Gilets jaunes ont commencé à commenter une prise de parole qui n’a jamais eu lieu, laissant l’Elysée sur la défensive.

« On connaît désormais l’allocution que devait prononcer le président de la République lundi soir. L’Elysée avait promis de renverser la table. Le président n’a renversé qu’un tabouret », a par exemple expliqué sur BFMTV le patron du Parti socialiste Olivier Faure.

L’opposition pas satisfaite des mesures

 

« J’ai vraiment le sentiment que c’est du rafistolage », a, pour sa part critiqué sur LCI Manon Aubry, tête de liste de la France Insoumise (LFI) aux élections européennes. Cette réponse « n’est pas à la hauteur du tout, il y a des contradictions manifestes entre intentions et réalité. On ne peut pas dire qu’on va sauver nos hôpitaux et écoles et supprimer 120.000 postes de fonctionnaires », a critiqué lors du Talk Le Figaro Ian Brossat, tête de liste du PCF aux européennes.

A droite et à l’extrême-droite aussi, les réactions sont très critiques. A l’exception de la baisse de l’impôt sur les classes moyennes, qui est « une bonne mesure », « tout le reste » relève « soit du gadget, soit de l’hypocrisie, soit » va « accroître l’injustice », a accusé sur BFMTV Julien Aubert, député du Vaucluse et secrétaire général adjoint de LR. « Le compte n’est pas bon, a déploré Julien Sanchez, porte-parole du Rassemblement national sur BFMTV. C’est un rétropédalage : il rend aux Français ce qu’ils avaient déjà avant que lui-même ne le coupe », en prenant l’exemple de la réindexation des retraites sur l’inflation.

L’Elysée au pied du mur

 

Au Château, on refuse pour le moment de « confirmer et de commenter les fuites dans la presse au sujet de la sortie du grand débat national ». Mardi soir, Emmanuel Macron semblait vouloir se laisser encore un peu de temps avant de reprendre la parole : « Je reviendrai vers vous comme je m’y étais engagé dans les jours prochains pour que nous puissions agir collectivement suite à notre grand débat mais ça n’est pas le temps aujourd’hui. Demain la politique et ses tumultes reprendront leur droit, nous le savons tous, mais le moment n’est pas encore venu. Souvenons-nous plutôt de ces dernières heures », a-t-il affirmé lors d’une allocution télévisée consacrée à Notre-Dame de Paris.

Pourtant, les nombreuses fuites et la publication de l’intégralité de l’allocution sur le site d’extrême-gauche Lundi.am, mettent à présent l’Elysée au pied du mur. Sur la forme, la présidence va devoir trouver une manière de surprendre. « La question désormais, c’est de changer de format. Mais ce n’est pas simple : on risque vite de basculer dans le gadget », estime un ministre dans le Parisien. Sur le fond, Emmanuel Macron peut difficilement changer la teneur de son intervention, sous peine d’être accusé d’opportunisme.

La journée de mercredi consacrée à Notre-Dame

La date de la nouvelle intervention n’est également pas actée. « Entre le vendredi Saint et le week-end de Pâques, il n’y aura rien cette semaine.

Il faut que cela se passe entre le lundi de Pâques et le 1er mai, parce qu’après ce sera la campagne des européennes », estime un ministre, cité par le quotidien.

« Ce serait cosmique de le faire cette semaine. Toutes les conversations vont tourner autour de Notre-Dame. Personne ne s’intéressera à la désindexation des retraites! », affirme un autre.

Le gouvernement a en tout cas décidé de consacrer toute la journée de mercredi aux discussions sur la reconstruction de Notre-Dame. Un Conseil des ministres a eu lieu mercredi matin qui était entièrement consacré au sujet. Le Premier ministre y a présenté un projet de loi pour donner un « cadre légal » aux dons versés pour la cathédrale, avant de s’exprimer devant la presse. Emmanuel Macron préside lui à 16h à l’Elysée une réunion pour le « lancement de la reconstruction de Notre-Dame de Paris », aux côtés du Premier ministre Edouard Philippe et de personnalités.

Interrogé sur la date de la prise de parole du chef de l’Etat pour présenter les mesures à l’issue du grand débat, Edouard Philippe a refusé de répondre : « Le président de la République ne s’est pas exprimé lundi. Je vous renvoie aux déclarations qu’il fera le moment voulu pour sortir du grand débat national ».

Les annonces de Macron ne sont pas encore officielles, mais les Gilets jaunes ont déjà leur avis

 

Les Gilets jaunes ne sont pas satisfaits des mesures qui ont fuité du projet d’allocution que devait prononcer Emmanuel Macron lundi soir.

Les Gilets jaunes sont très critiques face aux mesures que devait annoncer Emmanuel Macron lundi soir.

Emmanuel Macron n’a pas encore apporté sa réponse au grand débat organisé depuis la mi-janvier. Sa prise de parole, prévue lundi soir, a été reportée à une date ultérieure à cause de l’incendie de Notre-Dame de Paris, mais les principales mesures qu’il devait annoncer ont fuité dans la presse mardi. Baisses d’impôts pour les classes moyennes, réindexation des petites retraites, référendums locaux et suppression de l’ENA figuraient notamment dans le projet d’allocution dont l’AFP a obtenu copie. Des mesures qui sont déjà attaquées par l’opposition et les Gilets jaunes en particulier.

Les critiques d’Eric Drouet et Maxime Nicolle

 

Sur Facebook, les principales figures du mouvement ont déjà réagi. Eric Drouet a publié deux messages à ce sujet sur son groupe « La France en colère!!! ». Maxime Nicolle en a parlé pendant plusieurs minutes mardi soir dans une vidéo en direct sur son groupe « Fly Rider infos blocage ». Sur sa page personnelle, Priscillia Ludosky a aussi partagé un lien vers un article reprenant les mesures qu’Emmanuel Macron devait annoncer. Tout comme Jérôme Rodrigues.

Comment ça se fait qu’on n’attendait rien mais qu’on arrive quand même à être déçu?

 

Des messages qui ont tous été très commentés par les Gilets jaunes, la plupart très critiques : « Comment ça se fait qu’on n’attendait rien mais qu’on arrive quand même à être déçu? », ironise l’un d’entre eux. « Encore de la com’, pendant ce temps-là rien de concret », souffle un autre internaute. « Rien sur les 80 km/h, ni sur le prix de l’essence, tout ça est totalement ridicule », souligne-t-on aussi.

Le RIC local ne convainc pas les Gilets jaunes

 

Dans son allocution, Emmanuel Macron devait se dire « favorable » à ce que des référendums d’initiative citoyenne (RIC), que les Gilets jaunes réclament depuis des semaines, « puissent être organisés sur certains sujets d’intérêts locaux ». Sans surprise, c’est donc l’un des sujets les plus commentés sur les groupes Facebook. « Elle est là la carotte », a raillé Eric Drouet mardi, dénonçant le caractère « local » de l’initiative, alors que les Gilets jaunes réclament un référendum d’initiative citoyenne national.

L’instauration du référendum d’initiative citoyenne n’est pas négociable

 

Dans sa vidéo, Maxime Nicolle a lui aussi parlé principalement de cette mesure. « L’instauration du référendum d’initiative citoyenne n’est pas négociable », a-t-il affirmé, disant avoir « lu que le RIC pourrait être accepté sous une forme locale » seulement. « Ce RIC, il doit être fait pour que les déboires, les excès et les écarts de ceux qui sont en politique s’arrêtent », a-t-il ajouté.

Le Breton a également réclamé des mesures pour les élites et les élus, qui « devront voir leurs avantages réduits, leurs retraites réduites et leurs rentes réduites. »

Un acte 23 de grande ampleur attendu

 

Visiblement déçus, de nombreux Gilets jaunes ont déjà signifié dans les commentaires qu’ils seront dans la rue samedi prochain. Un acte 23 de grande ampleur, rebaptisé « ultimatum 2 », est annoncé. Les protestataires le veulent comparable à la mobilisation du 16 mars, lorsque les Champs-Elysées avaient été saccagés. Un événement Facebook baptisé « Acte 23 Ultimatum 2 Appel National Et International Tous A Paris » rassemble plus de 18.000 personnes intéressées.

Fin mars, Eric Drouet appelait Emmanuel Macron et Christophe Castaner à se « préparer ». « La menace semble plus forte pour le 20 avril » que lors de l’acte 18, pendant lequel le restaurant Le Fouquet’s avait notamment été brûlé, a indiqué la semaine dernière le ministre de l’Intérieur. « On a perdu tout le sens de la manifestation et de la revendication. Il n’y en a plus. C’est le rituel du samedi avec au fond l’espérance de quelques-uns que le spectacle soit la violence. »

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