L’Antéchrist, homme ou système ?

Il y a un mystère qui tourne autour de l’Antéchrist ; nous en avons beaucoup parlé ici, je vais tenter d’en réétudier les contours afin de parvenir à une définition complète et définitive, car la reconnaissance -ou non- de l’Antéchrist dans le monde qui nous entoure est d’une importance primordiale puisqu’elle est la preuve que nous vivons -ou non- en ce moment même la fin des temps.

Je suis donc allé revoir comment les grands auteurs en parlent, en particulier les Pères et les Docteurs de l’Eglise. D’abord la quasi totalité des auteurs, quels qu’ils soient, ont principalement pour source saint Paul (2Thessaloniciens2), le livre de Daniel et l’Apocalypse. Dans l’Apocalypse, il y a trois bêtes -le dragon qui est Satan, donc pas d’ambiguïté, une bête qui sort de la mer et une bête qui sort de la terre-, mais l’écrasante majorité, si ce n’est l’unanimité, voit l’Antéchrist dans la bête de la mer.
Enfin, presque tous en parlent comme d’une personne à part entière.

C’est là où réside le mystère. On sent bien dans les commentaires et les interprétations que la description de la bête dépasse de loin celle d’un seul homme, mais les auteurs continuent pourtant à en parler au singulier, comme s’il était indispensable de personnifier cette bête, comme s’il s’agissait d’une façon d’écrire et de décrire, d’un style qui s’impose à tous et qui pourtant, au premier examen approfondi, ne correspond pas à un homme – ou du moins pas seulement.
En fait, je me demande s’il n’y avait pas une sorte d’ordre divin invisible et secret, afin que le mystère de l’Antéchrist ne soit pas dévoilé avant le moment nécessaire, c’est à dire avant d’entrer dans son temps. Il est bon de tenir caché les secrets d’un roinous a dit l’archange Raphaël dans le livre de Tobie. Et puis Apocalypse veut dire « révélation » : celle-ci se découvre au fur et à mesure, comme un livre dont on tourne les pages, et il ne fallait peut-être pas que le mystère des pages concernant l’Antéchrist soit révélé avant le moment choisi par les Cieux.

Les lecteurs du Grand réveil savent que je défends la thèse de l’Antéchrist-système, considérant l’Antéchrist-personne comme secondaire, voire superflu. Ne serait-ce parce que s’il y avait un homme correspondant exactement à la description généralement admise, il serait reconnu immédiatement comme tel, et alors le suspense tomberait : il suffirait de compter 42 mois à partir de sa prise de pouvoir, et le tour serait joué. Mais alors, même lui connaîtrait l’heure de sa mort ; et puis cet événement étant lié à la Parousie (retour du Christ), il nous donnerait de précieux renseignements sur celle-ci bien à l’avance, sachant que nous sommes censés ne connaître « ni le jour ni l’heure« . Or le Ciel ne peut pas se contredire ni se tromper ; s’il donne 42 mois d’un côté pour la bête et nous interdit de chercher la date de la Parousie de l’autre, ceci ne peut se faire que dans le cadre d’imprécisions volontaires tirées de textes eux aussi volontairement mystérieux.

Tout eschatologue expérimenté le sait : le Ciel ne révèle jamais l’avenir avec une telle précision ; nous savons que toutes les prophéties bibliques sont écrites dans un langage imagé, souvent allégorique, et codé.

Bref, pour chaque prophétie, il est nécessaire de parvenir à décrypter le sens réel du texte, et pour cela, le mieux est de vivre et même d’avoir vécu la période en question. Ces mêmes grands auteurs reconnaissent sans difficulté qu’une prophétie ne se comprend vraiment qu’après avoir été accomplie.
C’est pourquoi nos chers Pères de l’Eglise ne devaient pas révéler à l’avance le mystère de l’Antéchrist, car il fallait le vivre pour le comprendre.

Examinons par exemple, trois grandes erreurs couramment relevées :

1) la décomposition de la bête :
Tout le monde se réfère, on l’a vu, à la bête de la mer. Mais celle-ci est un ensemble complexe, constitué de 7 têtes et 10 cornes. Selon la description au chapitre 17, Les 7 têtes sont sept rois qui semblent se suivre chronologiquement, et la bête est elle-même la 8ème tête ; quant aux 10 cornes, ce sont 10 rois qui semblent agir ensemble. Certains voient l’Antéchrist comme la bête en tant que telle, d’autres comme la 8ème tête. Mais comment considérer que la bête est un seul homme puisque l’Apocalypse lui-même la décompose en 7 rois, et même 17 voire 18 en tout ?
Il y a un manque certain de cohérence. Et si on considère qu’il est la 8ème tête, alors que fait-on du reste ? Du coup il n’est plus assimilable à la bête dans sa totalité, il en est à la rigueur la synthèse, la quintessence, mais on ne peut pas lui attribuer à lui seul tout ce qu’a fait la bête, puisqu’il n’est que le dernier roi, même s’il récapitule tout.

2) la durée :
Là aussi, je constate fréquemment une erreur consécutive aux imprécisions relevées à l’instant. Le texte nous dit que la durée de vie de cette bête est de 42 mois. Le texte de l’Apocalypse insiste par ailleurs sur la formule qui permet de calculer cette durée : un temps, deux temps, la moitié d’un temps. Ensuite, il exprime cette durée de trois façons, mais c’est toujours la même : 42 mois, ou 1260 jours, ou trois jours et demi (1 jour = 1 an, c’est donc bien trois ans et demi).
Or les 42 mois sont la durée totale attribuée à la bête, dans toutes ses composantes, ce qui veut dire que ce temps englobe les fameux 7 rois, et éventuellement le huitième (je dis éventuellement parce qu’il n’est pas dit qu’il y aura une 8è tête, mais que la bête EST la 8è tête ; donc, selon les points de vue, il y a 7 ou 8 rois).
La plupart des auteurs reconnaissent qu’il s’agit là d’une durée mystérieuse à trouver, et que le principal enseignement à en tirer est que « les jours de l’Antéchrist sont strictement comptés« . Mais pourquoi attribuent-ils quand même 42 mois de règne final à l’Antéchrist ?
Cette interprétation n’a aucun fondement dans les textes. Si on considère que l’Antéchrist est la 8è tête, puisque le chiffre de 42 mois a été donné pour la totalité des têtes, du coup on ne sait pas combien de temps règne la dernière tête ; en fait, on ne sait pas combien de temps règne chaque tête : on ne connaît que la durée globale.
Pareil si l’Antéchrist est la bête dans son ensemble : comment un seul homme peut-il parvenir à la domination mondiale en si peu de temps ? Même les partisans de cette thèse reconnaissent qu’alors les 42 mois ne seraient que la phase finale de son pouvoir, la plus visible. Certes, mais ce n’est qu’une hypothèse arbitraire puisque, répétons-le, le texte ne donne qu’une durée totale, toutes phases confondues.

3) la nature de la bête :
Unanimement l’Antéchrist est décrit comme le summum du pouvoir du démon sur terre. « La puissance de son règne sera telle que jamais il n’y en aura eu de pareille depuis le commencement du monde » (Holzhauser) ; « Tous les hommes se sépareront de Dieu leur créateur, et de Jésus leur rédempteur, pour se livrer à l’idolâtrie de la bête » (Holzhauser) : « Il apparaîtra sur la terre un homme profondément pervers, investi d’une puissance en quelque sorte surhumaine » (Arminjon) ; « Il deviendra maître de l’univers entier ; et tous les serviteurs du monde seront à son entière dévotion, tous ceux qui ne vivent point dans l’attente des biens éternels » (Don Monléon)…
En fait on attribue à un homme les caractéristiques d’un système ; car peu importe si l’homme le plus puissant du monde est aussi le plus pourri. Il faut surtout que sa doctrine soit pourrie, ainsi que sa façon de vivre et de penser, et que celles-ci soient diffusées et s’imposent au monde entier, ce qui suppose de maîtriser les pouvoirs politiques, économiques, culturels et médiatiques dans tous les pays. Bien évidemment une telle puissance mondiale ne peut s’appliquer à un homme mais à l’ensemble du système qui le porte et le soutient et surtout, qui diffuse sa doctrine.
Si on y réfléchit bien, nos chers Pères de l’Eglise passent leur temps à décrire un système et une période, qu’ils personnifient en l’appelant « l’Antéchrist » mais en réalité, la puissance est dans le système et non dans l’homme sensé le diriger, et surtout dans la cohérence et l’universalité dudit système. Alors, dans ce cas, a-t-on vraiment besoin d’un homme ?

 

L’Antéchrist : homme ou système ?

Rappelons aux lecteurs que j’ai déjà beaucoup écrit sur la symbolique de l’Antéchrist et la nécessité d’y voir un système avant d’y voir un homme car c’est la logique même de sa puissance : il ne peut y avoir d’Antéchrist-personne sans l’Antéchrist-système qui le soutient, par contre l’Antéchrist-système n’a pas besoin d’UN homme pour exister et accomplir la MÊME mission.

Le but ici n’est donc pas de reprendre les arguments déjà longuement développés au fil des articles, et que j’invite le lecteur à relire, notamment :
Réflexions sur la notion d’Antéchrist (4 oct 2013)
Inutile d’attendre l’Antéchrist, il est déjà là (25 oct 2013)
Attention l’Antéchrist arrive (27 juil 2014)
L’Antéchrist existe, je l’ai rencontré (17 déc 2014)  
On y relèvera quelques erreurs de jeunesse, mais l’essentiel y est.

Pour résumer, on peut affirmer avec certitude que l’Antéchrist est à la fois un système d’envergure mondiale, une période, une multitude d’hommes à son service, et éventuellement un homme qui le chapeaute et le dirige à la fin de ladite période.
On peut aussi affirmer avec certitude que la durée exprimée en 42 mois est une période codée, au même titre que son chiffre, le 666, et que les deux principaux points de repère à notre disposition pour tenter de décoder cette durée sont le mode de calcul(un temps, deux temps, la moitié d’un temps) et la base 6.
Pourquoi la base 6 ? Parce que les deux bêtes apparaissent à la 6ème trompette, que 42 est un multiple de 6 et que le triple 6 du 666 est un indice supplémentaire pour nous montrer le lien privilégié de la bête avec le chiffre 6. Et aussi que le 6 est le chiffre de l’homme, on en verra l’importance un peu plus loin.

Le mot éventuellement utilisé dans le paragraphe précédent est d’une importance primordiale parce que, réflexion faite, rien ne nous dit dans les textes qu’il y aura un personnage pour personnifier le système à son apogée -c’est une hypothèse gratuite qui même formulée par le plus grand nombre, n’a pas de fondement scripturaire-, et surtout, puisque la description donnée est avant tout celle du système, on risque fort de se tromper sur la nature du personnage.
Je m’explique : il est nécessaire dorénavant de dissocier la description du système d’avec celle de l’homme, parce qu’autant les textes nous décrivent un système, autant ils ne nous garantissent pas que cet homme soit identique au système.
En fait, la confusion vient de ce que la plupart des auteurs décrivent le système comme un homme en l’appelant à chaque fois l’Antéchrist, comme si c’était un homme, alors que la description ne s’applique pas à l’homme mais au système qui le soutient.
Donc, à cause de cette personnification de l’homme avec le système, on finit par donner une définition surréaliste de l’Antéchrist-personne, parce qu’on ne dissocie pas les deux.
J’ai lu de remarquables démonstrations selon lesquelles l’Antéchrist-personne serait un pape, d’autres qu’il serait une sorte de président du monde, d’autres qu’il serait le chef de toutes les religions, ou les deux (à la fois chef politique et religieux), d’autres qu’il serait une sorte de prophète, le Messie tant attendu des juifs, etc…
Or ce sont des notions très différentes qui parfois se contredisent. Elles viennent de la confusion entre le système et l’homme, de la non-distinction entre les deux, qui pourtant s’impose au bon sens dès que l’on réfléchit en profondeur sur ces textes ; elles viennent aussi du fait que peu d’auteurs admettent qu’il y a des zones d’ombres ou des parties énigmatiques, et qu’il faut accepter une dose d’incertitude dans nos interprétations.

Pour achever notre raisonnement, on peut dire :
– qu’il existe plusieurs définitions de l’Antéchrist-personne, il n’y a donc pas unanimité de ce côté-là ;
– que la difficulté de décodage des textes et le mélange des genres mènent à des descriptions fantaisistes où l’imagination et les influences contemporaines des auteurs prennent le pas sur le sens initial des textes ;
– et qu’au contraire, le décodage du système est beaucoup plus facile et réunit une sorte de consensus autour de lui -car lui au moins est clair- et le serait encore plus si les auteurs ne s’entêtaient à le considérer abusivement comme un homme.

 

L’Antéchrist est-il un système ?

La réponse est oui.
Ce système est-il en place actuellement ?
La réponse est encore oui.

Pour cela, nous allons comparer notre monde avec les versets les plus marquants de l’Apocalypse, sans pour autant entrer dans une étude complète qui serait trop longue ici. Nous nous contenterons de l’essentiel.

 

1) La puissance de la bête
 » La puissance lui fut donnée sur les hommes de toute tribu, de tout peuple, de toute langue et de toute nation.  » (Apoc. 13:7).
Le rayonnement mondial et universel de la bête, donc de l’Antéchrist-système, est incontestable, c’en est même la caractéristique principale.
Or, fait unique dans les annales de l’humanité, il existe depuis la création de l’ONU en 1945 un consensus mondial autour de la même notion sur laquelle tout le monde est d’accord, je dis bien tous les pays du monde sans exception : la déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par l’ONU le 10 décembre 1948.
Cette déclaration des droits de l’homme, largement inspirée de celle de la Révolution française, est un texte maçonnique qui s’oppose frontalement au droit divin : non seulement il nie les droits de Dieu sur la création et donc l’humanité, mais il les remplace !
C’est LE document anti-christique par excellence. Je rappelle qu’Antéchrist peut s’écrire de deux façons : Ante(Christ), du latin ante -avant- ce qui veut dire  » période avant le Christ  » (avant la Parousie), et Anti(Christ) parce que le texte de l’Apocalypse est clair : la bête est fondamentalement opposée à l’Agneau (Jésus-Christ) et à ses enfants.
En fait, le XXè siècle est caractérisé par deux faits majeurs :
– l’union de tous les pays du monde au sein de l’ONU – du jamais vu ;
– la communion (l’adoration ?) de tous ces pays aux mêmes valeurs -les droits de l’homme- valeurs par définition anti-christiques – du jamais vu encore.
Nous avons ici la preuve que nous vivons sous la domination d’un système de pensée et de vie qui s’applique bien à toutes les nations et tous les peuples, soit exactement le texte de l’Apocalypse concernant la bête, et il n’y a aucune autre période similaire dans l’histoire de l’humanité.

 

2) Sa puissance sur l’Eglise
 » Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints et de les vaincre.  » (Apoc. 13:7)
Les saints ce sont les justes, à savoir les enfants de Dieu, ceux destinés à peupler le ciel. L’Eglise nous enseigne -en se basant sur les paroles mêmes du Christ- que seuls les adorateurs de Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme, appelés les chrétiens, sont ces enfants de Dieu. Ils le deviennent par le baptême, point de passage obligé pour obtenir la vie divine et le salut. Mais le baptême n’est pas une assurance tous risques, il faut ensuite se comporter en chrétien et chercher le royaume de Dieu et sa justice, justice étant ici à prendre dans le sens de vertus. Il faut appliquer dans sa vie, dans son comportement et dans sa façon de penser les commandements de Dieu et de l’Eglise.
Un saint qui se détourne de la saine doctrine et qui adopte le mode de vie et de pensée du monde, opposés à ceux du chrétien, est un homme vaincu par la bête, bien qu’il soit baptisé. En définitive, ce verset n’est-il pas une excellente définition de l’apostasie ?
(sujet que nous aborderons un peu plus loin)

 

3) Ses caractéristiques quasiment divines
Les versets 4, 6 et 8 du chapitre 13 insistent sur la notion d‘adoration : les hommes adorent le dragon qui a donné sa puissance à la bête, et la bête elle-même est adorée de tous ceux qui habitent la terre, sauf par ceux restés fidèles au Christ et que le texte appellera par ailleurs ses témoins.
L’adoration étant une attitude réservée à Dieu, cela veut dire que la bête est parvenue soit à le remplacer, soit à obtenir des caractéristiques divines qui méritent et justifient cette adoration.
Le verset 4 apporte une précision intéressante :  » et il lui fut donné une bouche qui se glorifiait insolemment.  » En d’autres termes, elle est bouffie d’orgueil, elle s’y croit.
Quelle est l’autre caractéristique du XXè siècle qui n’a aucun équivalent dans l’histoire de l’humanité? Je dis bien AUCUN.
Son incroyable progrès technique et scientifique.
Automobile, aviation, chimie, santé, génétique, spatial, téléphone, télévision, et bien entendu informatique et internet -j’en oublie- sont autant d’inventions qui n’existaient pas il y a un siècle et qui ont totalement, je dis bien totalement, modifié autant notre mode de vie que notre façon de penser et de raisonner.
Pour simplifier, nous sommes passés en moins de 150 ans, d’une civilisation de type spirituelle lentement construite par la chrétienté, à une civilisation de type matérielle rapidement construite par la bête. Vivre selon la chair ou selon l’esprit : une fois la bête lâchée et entrée dans « son » siècle, ses progrès sont fulgurants et même incontournables : qui refuserait un tel accroissement des possibilités humaines ? une telle augmentation du niveau de vie ? une telle capacité à résoudre tous les problèmes ?
Mais au-delà de l’amélioration de nos conditions de vie, l’enjeu est énorme car il consiste à pousser les hommes dans ce que j’appelle la béatitude matérielle là où Jésus leur avait promis une béatitude spirituelle. D’où le dilemme des catholiques : ils ont voulu rendre compatible ce nouveau monde avec la foi, et ce fut le concile Vatican II.
Mais en réalité, le démon a bien donné à la bête sa puissance, il lui a montré comment utiliser l’énergie (pétrole, électricité) pour améliorer ses conditions matérielles au point de ne plus avoir besoin du spirituel, de Dieu, dans notre vie de tous les jours, et surtout pour résoudre les problèmes. En effet, la civilisation de type spirituel estime que les difficultés de la vie, et donc les malheurs, catastrophes ou épidémies, sont la conséquence du péché. Pour les résoudre, l’homme s’adresse à Dieu et cherche à faire le ménage dans sa vie privée et collective en y chassant le péché.
Dans cette nouvelle civilisation de type matériel, l’homme résout les choses par lui-même, il n’y a donc plus de conscience collective du péché et celui-ci se répand sur la terre entière.
Voilà une caractéristique particulièrement anti-christique.
Car en fait la bête, c’est l’homme – plus exactement un type d’homme. Celui qui met sa foi dans le progrès matériel, dans l’Etat-Providence et dans la science, qui sont autant d’idolâtries, et qui le mènent à s’adorer lui-même. L’homme est divinisé, d’où l’importance du 6 dont on parlait tout à l’heure car le 6 est le chiffre de l’homme, et le 666 celui de l’homme divinisé. Divinisé parce qu’il est réellement parvenu à des capacités divines, comme celle de modifier le génome, domaine divin par excellence. Le démon divinise l’homme par la matière, le Christ divinise l’homme par l’Esprit.
Et d’où le fait que les grands auteurs parlent de l’Antéchrist au singulier, que saint Paul parle du fils d’iniquité : nous sommes tous, ou quasiment, des fils du système, on peut en parler au singulier comme au pluriel car il s’agit avant tout d’une attitude, d’un état d’esprit, qui se traduisent par un mode de vie et une mentalité propres (la fameuse marque de la bête).
C’est pourquoi il est dit que la bête se glorifie insolemment, que les hommes adorent le dragon (ils vouent une piété sans bornes à Satan pour leur avoir donné un tel pouvoir et surtout un tel confort), et adorent la bête c’est à dire s’adorent eux-mêmes en se considérant comme tous puissants. Il suffit de lire, par exemple, les objectifs du transhumanisme, qui se targue de créer des cellules meilleures que les originales ! Sans rire, l’homme est en train de dire qu’il peut mieux faire que le Créateur. En fait c’est la démarche des OGM, puisqu’il met au point des plantes aux caractéristiques améliorées, comme si le Créateur avait mal fait son boulot. L’homme se prend pour Dieu et ceci est bien une caractéristique de notre époque et de l’Antéchrist.

 

L’Eglise est-elle concernée par l’Antéchrist ?

Nous venons de scruter le monde civil et découvert qu’il possédait depuis un petit siècle des caractéristiques hautement anti-christiques qui ne peuvent s’appliquer à aucune autre période.
Il faut les compléter par l’étude de l’histoire de l’Eglise, pour au moins deux raisons : parce que pour le Seigneur le salut des âmes passe en priorité -et il les a confiées à son Eglise-, et ensuite parce que les textes prophétiques parlent aussi de la situation dans l’Eglise comme point de repère dans la fin des temps.
En étudiant l’évangile de la fin du monde en Matthieu 24 et les épîtres de saint Paul, les grands auteurs ont recensé deux caractéristiques essentielles tournant autour de la période de l’Antéchrist :
– il faut qu’auparavant l’évangile ait été enseigné sur toute la terre,
– et que l’Eglise ait apostasié.

La prédication de l’évangile
C’est chose faite. L’essor des transports (notamment le bateau à vapeur) aura eu l’avantage de permettre de terminer l’évangélisation apostolique du globe. Celle-ci fut achevée sous le pape Pie XI. Depuis les années 30, la totalité des contrées a entendu parler de Jésus-Christ et l’évangile a été répandu partout. Le fait que dans certains pays les chrétiens soient minoritaires, voire ultra-minoritaires, ne change rien aux données : l’évangile a bien été prêché partout.

L’apostasie
Qui est concerné par l’apostasie chez saint Paul ? Les chrétiens bien évidemment, et particulièrement celle qui s’affirme la seule et unique Eglise du Christ : l’Eglise catholique romaine.
Voyons un peu. Quelle est la religion en rupture avec son passé, sa tradition ? Les catholiques romains lors du concile Vatican II, rupture dont ils ne se cachent pas. Les autres sont-ils en rupture avec leur tradition ? Les musulmans : non ; les juifs : non ; les indous : non ; les bouddhistes : non ; les protestants : non ; les orthodoxes : non. Personne d’autre.
Or cette rupture consommée et affirmée, n’est-ce pas là même la définition de l’apostasie ?
Là aussi, le concile Vatican II n’a pas de précédent ni de similitude dans l’histoire de l’Eglise ni même dans l’histoire de l’humanité. Les catholiques sont la seule religion à avoir rompu avec son passé (nouvelle doctrine, nouvelle liturgie), à l’avoir même renié (ils sont les seuls à avoir procédé à des repentances officielles).

La meilleure preuve en est l’encyclique Pacem in Terris du pape Jean XXIII publiée le 11 avril 1963, soit six mois après l’ouverture du concile.
Pour la première fois, l’Eglise, par la voix du pape, accrédite la bête que nous avons décrite tout à l’heure: « le pape se veut le porte-parole d’une paix appuyée sur les droits de l’homme. Il y prend fortement position en faveur des institutions internationales qui s’emploient à défendre ces droits » (c’est à dire l’ONU), « il suit d’assez près la déclaration universelle des droits de l’homme de l’ONU en 1948 » (Yves Marchasson, Les papes du XXè siècle).
La rupture est consommée puisque l’Eglise ne base plus uniquement les fondements de la paix universelle sur le Christ, mais aussi sur des structures qu’elle sait appartenir à la bête puisque fondées sur les droits de l’homme.
La déclaration Nostra Aetate deux ans plus tard confirmera la présence de la bête au Vatican puisque l’autre versant s’effondre : le salut ne vient plus uniquement du Christ, ce qui est en totale contradiction avec les paroles mêmes de Jésus dans l’évangile.

La Salette
Finalement, n’était-ce pas cela que la Sainte Vierge était venue nous dire à la Salette ?
Elle y explique que l’Antéchrist sera l’enfant d’une fausse vierge hébraïque et d’un évêque : le système dont nous parlons est bien la résultante d’une alliance entre l’ONU, création de la judéo-maçonnerie faisant croire que ses intentions sont pures (fausse vierge), avec l’évêque de Rome !
A partir de Jean XXIII, tous les papes iront à l’ONU répéter le même discours, foulant aux pieds les principes du règne social de Notre-Seigneur et sa légitime royauté sur le monde.
D’où les blasphèmes de la bête dont parlent l’Apocalypse et la Salette, et l’aspect agressif et conquérant de ce système (l’enfant aura des dents, il remportera de vaillantes victoires à 12 ans avec ses frères : tout ceci s’applique évidemment à un système et pas à des gamins de 12 ans !), pour finir avec l’apothéose : « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist« .
Oui Rome a perdu la foi par l’apostasie, c’est prouvé. Et elle est bien devenue le siège de l’Antéchrist-système dans sa composante religieuse.
Alors pourquoi s’entêter à mettre ces phrases au futur quand on peut en constater la réalité autour de soi tous les jours ?

 

L’Antéchrist est-il un homme ?

On l’a vu, la bête est multiple, elle est autant dans l’alliance du trône et de l’autel (l’ONU , le monde et l’Eglise) que dans le progrès technique qui divinise l’homme par la matière, mais en définitive tout tourne autour de la même idée : l’homme, l’homme glorifié, l’homme divinisé, l’homme tout puissant, l’homme-dieu.
Il ne l’est que depuis quelques dizaines d’années seulement, mais ces années font date car elles permettent de prouver l’existence de l’Antéchrist-système.

Le catholicisme est devenu la religion de l’homme, celui-ci prend la place de Dieu, c’est flagrant à la nouvelle messe où l’attention principale de l’assemblée se fixe sur le prêtre -et vice versa- et non sur le tabernacle et son précieux contenu comme auparavant. Tout pour l’homme, le reste pour Dieu là où cela devrait être l’inverse.

L’Antéchrist n’a pas besoin d’être un homme parce que tout ce qui le caractérise s’applique au système. D’ailleurs, si c’était un homme, il ne serait rien sans le système qui le soutient.
Attendre un Antéchrist-personne est une grave erreur. On doit d’abord scruter et analyser les caractéristiques du système et si celle-ci sont probantes, comme nous venons de le voir, cela suffit pour savoir que l’Antéchrist est là sous sa forme la plus décrite.

Cependant, on peut admettre qu’il y aura à la fin une personnification de l’Antéchrist, et même une personnification de chacune des bêtes : un homme pour la bête de la mer (l’Antéchrist, donc) et un homme pour la bête de la terre (système politique).
Ceci ne peut se concevoir qu’à la fin -opinion partagée par nombre d’auteurs-, comme si ces hommes chapeautaient le système pour mieux l’accomplir.

Ces deux hommes sont, selon moi, le pape François et Emmanuel Macron.

Le pape François pour l’Antéchrist (bête de la mer) et Macron pour la bête de la terre.
Je ne reprendrai pas ici tous les arguments déjà donnés.
Disons que je partage l’analyse qui consiste à voir dans l’Antéchrist un pape ; ceci est en adéquation avec la prophétie de la Salette, et aussi avec la prophétie des papes, parce que François est le dernier de la liste, et parce qu’il fait siennes toutes les idéologies maçonniques ; le dernier pape l’a démontré en cinq ans, il parachève la destruction de l’Eglise commencée par ses prédécesseurs pour lui substituer la religion de l’homme dans sa dimension définitive.

Quant à Emmanuel Macron, il est le poulain de l’élite qui dirige le monde en sous-main. Pour le moment, rien ne le distingue de ses prédécesseurs, mais nous savons qu’eschatologiquement il représente la composante politique qui doit prendre le relai après le grand nettoyage.
Sa date de naissance (21 décembre) identique à celle de la fin du monde parle d’elle-même. Il suffit d’attendre que ces messieurs actionnent les grands événements pour le comprendre.

 

Conclusion

L’Antéchrist est un système c’est sûr. Ce système s’est lentement constitué en un peu plus d’un siècle, c’est sûr. Il en est aujourd’hui probablement à son apogée, ce qui veut dire que sa chute est, selon moi, très proche.
S’il est un homme, c’est d’abord un type d’homme, celui de l’homme contemporain baignant dans la béatitude matérielle et y mettant toute sa foi et tous ses espoirs. Dieu n’a pour lui de valeur -et d’existence-que s’il est un faire-valoir et un dispensateur de cette béatitude matérielle. Mais ce « dieu » là s’appelle le diable, c’est lui qui a rendu indispensable et adorable cette civilisation matérielle.

L’Antéchrist peut, à la fin de la période, être personnifié -le pape François pour la bête de la mer et Emmanuel Macron pour la bête de la terre- mais nous ne possédons pas la durée de leur règne puisque celle donnée dans l’Apocalypse est une durée codée et surtout globale, celle de l’ensemble de l’action de l’Antéchrist-système.
Nous n’aurons confirmation de ces hypothèses qu’une fois les deux bêtes abattues, car la plupart des grands auteurs sont formels : c’est à la mort des bêtes que se déclenche la chute de Babylone et la fin du monde. Or il faut toujours attendre que la prophétie se soit entièrement accomplie pour pouvoir la comprendre et l’entériner.

C’est pourquoi nous n’avons rien d’autre à faire que de continuer à résister à cet état d’esprit et à ce mode de vie, c’est à dire à sortir de Babylone, et à se réfugier dans l’arche mise en place par le Ciel pour nous protéger et nous sauver : la Vierge Marie.

 

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