Bruxelles se penche sur les aides versées aux banques durant la crise de 2008

On n’oublie pas facilement ce qui a fait notre vie, pendant 40 années (de 1972 à 2012) dans mon cas. La finance fût ma vie et, pardonnez-moi de m’y connaître un peu, j’avais compris au niveau de la finance que j’ai pratiquée que les États se sont fait baiser par les banques depuis toujours, et surtout pendant la crise de 2008. J’ai copieusement écrit là-dessus :

 

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Mais l’UE semble découvrir le problème !

 

La Cour des comptes européenne a lancé un audit sur le soutien des États membres aux banques entre 2008 et 2017. Durant cette période, plus de 1459 milliards d’euros d’aides publiques ont été approuvées par la Commission.

Plus de dix ans après le déclenchement de la crise financière de 2008, la Cour des comptes européenne compte bien regarder à la loupe la manière dont les institutions bancaires ont été soutenues par l’argent des contribuables.

Une étude est donc menée sur le sujet, et ses conclusions devraient être rendues d’ici la fin de l’année. Selon le responsable de l’audit, Mihails Kozlovs, «depuis la crise de 2008, le secteur des services financiers a reçu plus d’aides d’État que tout autre secteur de l’économie», une situation qui rend indispensable une enquête approfondie «pour préserver la concurrence sur le marché intérieur» et pour protéger les citoyens contre «la charge que représente le sauvetage des banques».

D’après les estimations de Bruxelles, 1459 milliards d’euros en capital et 3659 milliards d’euros en trésorerie ont été promis par les États membres aux banques entre 2008 et 2017, avec l’aval de la Commission.

 

En partie remboursés depuis, ces «renflouements» ont permis de sauver ces institutions, mais au prix d’un gonflement de la dette publique, transformant, in fine, «la crise bancaire en crise de la dette européenne».

Un soutien parfois «nécessaire»

 

«Les aides d’État aux entreprises […] sont généralement interdites par la législation de l’UE, car elles faussent la concurrence», rappelle en préambule la Cour des comptes: de telles aides financières sont donc «soumises au contrôle de la Commission européenne».

Pour autant, dans certaines «circonstances» d’une gravité exceptionnelles, comme la crise de 2008, le soutien des pouvoirs publics «peut être nécessaire» pour assurer le bon fonctionnement de l’économie. L’audit de la Cour des comptes européennes vise à vérifier que la Commission européenne dispose d’outils suffisants pour contrôler les aides d’État, s’assurer que les «résultats escomptés sont réellement atteints» et voir si les règles actuelles permettent de repérer et de contrôler les aides accordées aux banques tout en évitant au maximum d’influer sur la libre-concurrence entre les établissements. Objectif: limiter, autant que faire se peut, l’effet d’une crise financière sur le contribuable.

La Cour des comptes européenne s’interroge également sur les conséquences sur le long terme d’une telle opération de sauvetage. Partant du principe qu’elles seraient de toute manière soutenues par les États en cas d’échec, les institutions bancaires ont pu augmenter leur «volonté de s’exposer au risque, car ce n’était pas à leurs propres frais».Une évolution qui pourrait mettre en danger les institutions ainsi que les acteurs chargés de les soutenir en cas d’échec.

Un contexte particulièrement sensible

 

Cet audit tombe alors que les nuages s’amoncellent au-dessus des institutions financières européennes, pénalisées par les incertitudes mondiales liées aux événements exogènes comme le Brexit ou les tensions sino-américaines.

Dans un rapport publié mercredi, le Conseil européen du risque systémique (CERS) présidé par le chef de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, souligne des risques «élevés» pour la stabilité financière dans l’Union. Selon les experts, les opérateurs financiers, dont les banques, les fonds de pension et les sociétés d’assurance-vie, estiment mal les aléas et s’exposent ainsi à une hausse des primes de risque. En cas de réévaluation de ces derniers par les marchés financiers, les institutions seraient vulnérables à des «ventes paniques et des crises de liquidité» difficiles à gérer.

 

Pour autant, la Cour des comptes européenne rappelle que plusieurs changements ont été implémentés depuis 2008, renforçant la protection des institutions bancaires sans que le consommateur soit mis à profit.

 

Le communiqué de l’institution cite notamment l’ajout de la directive relative au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances (BRRD), transposée en France en août 2015, et qui vise à «restructurer les banques au bord de la faillite sans que le contribuable doive mettre la main à la poche pour préserver la stabilité financière». «Les autorités estiment que les banques et les systèmes bancaires de l’UE sont résilients», ajoute le document.

Le dernier test mené par l’Autorité bancaire européenne (ABE) sur la résistance des institutions bancaires de l’Union a été, à cet égard, plutôt encourageant. Certaines institutions font toutefois encore face à des fragilités internes conséquentes: en Allemagne, les deux géants bancaires Deutsche Bank et Commerzbank sont ainsi en discussion pour une éventuelle fusion, suite à des difficultés. Les banques de plusieurs pays doivent également gérer une grande quantité de prêts non-performants qui alourdissent leur bilan, comme en Italie ou à Chypre.

Basé sur les travaux de Wladimir Garcin-Berson

 

 

1 visiteurs

4 Commentaires
  • Slocum
    Publié à 09:30h, 28 mars Répondre

    Bonjour,
    Je suis étonné par la dernière phrase au sujet de la fusion de la Deutsche Bank avec la Commerzbank, ce qui en fera un monstre encore plus dangereux.
    Ne ferait-il pas au contraire les découper en morceaux et loger la pourriture dans une « bad-banque » ?

  • algarath
    Publié à 09:39h, 28 mars Répondre

    Oui, s’il y avait quelque chose à sauver à la Deutsche Bank mais tout y est pourri !

  • Harald
    Publié à 12:12h, 28 mars Répondre

    Pardonnez-moi mais vous n’êtes pas le seul à avoir compris en 2008-2009 que les banksters avaient b… les Etats, donc nous autres contribuables… Beaucoup l’ont vu car c’était gros comme un building de Wall Street !

    • algarath
      Publié à 12:27h, 28 mars Répondre

      Oui vous avez raison.

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