Steve Bannon traite Emmanuel Macron de « pantin »

Pour l’ancien conseiller de Donald Trump, les « gilets jaunes » sont « une inspiration pour le monde entier ». Le président de la République va apprécier. Dans un entretien à « l’Express », Steve Bannon traite Emmanuel Macron de « pantin ». « Il est hors sol. Sous son costume, il n’y a rien », dit l’ancien conseiller de Donald Trump du chef de l’Etat français.

 

Directeur de campagne de Donald Trump lors de la présidentielle américaine de 2016, puis conseiller à la Maison-Blanche avant d’en être congédié en août 2017, Steve Bannon espère influencer le scrutin européen, en mai. A la tête de la fondation The Movement, créée en 2017 et dotée d’une antenne à Bruxelles, l’idéologue populiste projette de revenir en Europe fin février, début mars.

Que manigance vraiment Steve bannon, ex-stratège de Trump, en Europe?

 

Habitué à être poussé dans ses retranchements lors des entretiens avec les médias américains, – il dit aimer les « tough interviews » (entretiens difficiles) –, Steve Bannon n’a pas eu, cette fois, à croiser le fer. L’ancien conseiller de Donald Trump a pu multiplier les fausses accusations à l’encontre du président français, sans être contredit :

« L’accord de Paris sur le climat consiste à faire payer les Français – et d’autres – pour la pollution produite par la Chine, qui balance du carbone dans l’atmosphère tout en pratiquant un dumping social illimité. Or ce sont les gens du « parti de Davos », dont Macron est l’ambassadeur, qui ont choisi de désindustrialiser le monde occidental pour délocaliser les emplois industriels en Chine. Et cela afin d’augmenter leurs marges financières. Les ‘gilets jaunes’ comprennent cela très bien. Et voici que Macron leur explique qu’ils doivent acquitter la facture de la pollution chinoise au moyen de la taxe carbone. »

Plutôt que de le reprendre sur la pollution américaine, – les Etats-Unis sont le deuxième pollueur mondial derrière la Chine –, ou de l’interroger sur le fondement de son raisonnement pour le moins discutable, « l’Express » lui demande si le fait que l’accord de Paris « consiste à faire payer les Français » justifie « les grèves, le vandalisme, la violence ». Pour toute réponse, Steve Bannon confie son admiration pour les « gilets jaunes ».

« Les ‘gilets jaunes’ n’ont peut-être pas fait Sciences-Po ou l’ENA, ils ne sont peut-être pas diplômés de la Sorbonne. Mais ce sont des êtres humains rationnels. Ils sont donc assez malins pour comprendre qu’ils se font avoir. Aujourd’hui, ces perdants de la mondialisation, paupérisés comme jamais, se réveillent et crient : « Stop ! » La beauté de leur action est qu’elle réunit des gens de droite comme de gauche. Au pays de la Révolution française, le mouvement des ‘gilets jaunes’ mène la mère des batailles. Ils sont une inspiration pour le monde entier. »

« Macron est arrogant »

 

Louant la « capacité de résistance » de Marine Le Pen et l’héroïsme du Premier ministre hongrois Viktor Orban, vantant sa proximité idéologique avec le président brésilien Jair Bolsonaro et le ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvani, Steve Bannon dit en revanche toute son aversion pour le président français :

« Macron est arrogant : lorsqu’il est venu à Washington en visite d’Etat au printemps dernier, il a prononcé un discours pro-mondialisation devant le Congrès américain, en contradiction totale avec les positions de son hôte Donald Trump. Son discours a été ponctué de 17 standing ovations. venant des bancs démocrates ! J’étais estomaqué. On peut dire que, entre nos deux nations amies, un tel outrage est historique. Le général de Gaulle n’aurait jamais fait ça. »

A « l’Express » qui lui fait remarquer que « Marine Le Pen dit, en substance, que Steve Bannon ne devrait pas trop mettre son nez dans ses affaires », l’ex-stratège de Donald Trump répond qu’elle a raison et jure qu’il ne s’agit pas pour lui de « donner des instructions ». « The Movement, mon organisation, est simplement là pour contribuer au débat », assure-t-il.

L’idéologue populiste assure chérir la démocratie. Se prononçant en faveur d’une confédération d’Etats nations robustes qui « sera plus forte que l’UE actuelle », il prédit la formation d’une alliance de coopération au sein du monde judéo-chrétien, avec Israël, la Russie, l’Europe et les Etats-Unis, dont l’ennemi commun sera la Chine.

« Car notre vrai ennemi commun, c’est le Parti communiste chinois et son Etat totalitaire mercantiliste. Je me souviens qu’en janvier 2017 Trump avait prononcé un discours sur le nationalisme : il avait été tourné en ridicule dans le monde entier. Au même moment, Xi Jinping était reçu à Davos avec les honneurs et force génuflexions. Or, il s’agit d’un dictateur comparable à Hitler dans les années 1930 qui surveille sa population à l’aide de logiciels de reconnaissance faciale, brime les chrétiens, emprisonne les Ouïgours. Les gens du ‘parti de Davos’ n’arrêtent pas de nous traiter de fascistes et de nous envoyer à la figure Vichy ou Pétain. Mais les pires collabos, ce sont eux, qui applaudissent Xi Jinping à Davos. »

Un nouvel ordre mondial, qui suivant la rhétorique de Bannon, ne pourra  être vertueux, que si le « bon sens » populaire l’emporte sur « les agissements néfastes des élites ».

Antoine Flandrin

 

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