Brexit : pourquoi il n’y aura pas de deuxième référendum

Nous avons, en France mais aussi dans d’autres pays, un phénomène irréversible qui mènera dans un premier temps à des acquis sociaux et un peu à moyen et long terme à une révolution réellement démocratique.

 

Le fait est c’est que tout ça ne tiendra pas et même ne se fera pas dans un contexte de l’Union Européenne et avec une mainmise allemande comme on la connaît. À cet effet ce qui va se passer du côté de Londres va tout dire sur l’avenir de l’Europe. Il me semble que la sortie de l’UE doit être la première bataille que les Gilets Jaunes doivent gagner.

En même temps que cette bataille, les Gilets Jaunes doivent aussi fusionner. Voir à cet effet mon article d’hier « Gilets Jaunes, il faudra bien que… ». À cet effet et pour un grand nombre de raisons que je développerai dans un prochain article, un rapprochement avec Asselineau me semble la carte idéale pour les Gilets Jaunes.

 

Des nouvelles des British, qui vont décider de notre mode de vie futur

 

Le revirement de Corbyn n’y changera rien : un second référendum est une chimère que même certains pro-européens condamnent sans appel.

 

Stephen Kinnock, député travailliste d’Aberavon (Pays de Galles), est un pro-européen convaincu. Le fils de l’ancien chef du Labour, Neil Kinnock, ancien vice-président de la Commission, et d’une ex-parlementaire européenne, a été formé au Collège de Bruges, la pépinière de l’eurocratie. Le partisan du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne représente une circonscription pauvre, bénéficiaire des subventions européennes, qui a tout à perdre avec le Brexit. Le principal débouché des aciéries en crise est l’industrie automobile, fortement ébranlée par le départ prochain.

Pourtant, Kinnock Junior est un opposant déclaré à la tenue d’un deuxième référendum désormais soutenu par son leader, Jeremy Corbyn. « Il y a un vrai risque d’enfoncer un clou dans le cercueil de notre démocratie parlementaire. Une nouvelle consultation aggraverait les divisions au sein de notre pays »,déclare ce grand échalas gallois, amateur de rugby et de chant choral.

Sa circonscription a voté à 57 % en faveur du Brexit. Conscient que près de 40 % des électeurs du Labour, surtout issus des milieux modestes, ont appuyé le « Leave » lors du scrutin du 23 juin 2016, Stephen Kinnock s’est parfaitement accommodé du verdict des urnes pour ne pas heurter la majorité de son électorat.

Le respect de la volonté populaire

 

Comme l’atteste le refus de l’intéressé, en dépit du revirement de Jeremy Corbyn, de l’activisme des militants de la campagne «  People’s Vote » et des difficultés de la renégociation de l’accord scellé entre Londres et Bruxelles, il n’y aura pas de deuxième référendum.

Tout d’abord, comme l’indique Arnand Menon, professeur de sciences politiques au King’s College de Londres, « il n’existe pas de majorité en faveur d’un nouveau vote populaire à la Chambre des Communes. Quand bien même il y en aurait une, un simple amendement ne suffit pas. Il faut qu’une loi soit votée. »

En outre, à l’heure actuelle, tous les sondages sont indécis. Si le « Remain » est en tête, l’écart entre les deux camps reste très faible. La participation des jeunes électeurs massivement anti-Brexit, qui n’avaient pas pu voter lors du référendum, est traditionnellement peu élevée, par rapport à celle des générations plus âgées, majoritairement favorable au retrait. S’ajoute le vote, difficile à quantifier, des Remainers de cœur devenus Brexiters de raison par respect de la volonté populaire et par peur d’un retour du populisme.

Ce n’est pas le moindre paradoxe. Enfant du populisme, le Brexit a tué le populisme. Après le référendum, les deux grands partis traditionnels règnent à nouveau en maîtres sur la vie politique après avoir recueilli plus de 83 % des voix lors des élections législatives du 8 juin 2017. Le parti xénophobe United Kingdom Independent Party (UKIP) a été rayé de la carte électorale. Stephen Kinnock redoute que, rentré dans la bouteille, le génie populiste puisse facilement en sortir si le peuple du « Leave » est privé de sa victoire à l’issue d’un deuxième référendum.

Une coalition minoritaire

 

Le 12 mars, le Parlement doit voter sur la version modifiée de l’accord négocié par Theresa May. En cas de refus, la Première ministre demandera aux députés de choisir entre un départ de l’UE sans accord ou un report de la date du Brexit au-delà du 29 mars. Dans son intervention du 26 février, la cheffe du gouvernement n’a jamais mentionné la possibilité d’un nouveau référendum.

Et pour cause. La Chambre des Communes est la vitrine de la démocratie britannique. Les sujets de la reine sont très attachés à leur Parlement, fondé en 1215, et associé de près aux grands bouleversements de l’histoire du royaume. En revanche, tenu responsable du climat délétère qui gangrène la nation depuis plus de deux ans, le référendum a très mauvaise presse outre-Manche.

D’autant que, sur le plan politique, pareille issue n’est soutenue que par une coalition minoritaire, regroupant une partie du Labour, les indépendantistes écossais et gallois, les libéraux-démocrates et le nouveau groupement d’indépendants formé de onze députés. Les chefs de file médiatiques de cette mouvance sont en majorité des « have been », soucieux de rebondir à tout prix après leur éviction du pouvoir. C’est le cas de l’ancien Premier ministre travailliste, Tony Blair, dont les exhortations ont peu d’écho au Royaume-Uni. Sauf auprès des correspondants européens basés à Londres, pour lesquels il n’y a point de salut hors de l’UE.

 

Marc Roche, Le Point

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3 Commentaires
  • jipé
    Publié à 06:53h, 27 février Répondre

    Il n’y aura de nouveau referendum,il yaura un Brexit dur.Ainsi le veux la City,qui lorgne vers la chine.

  • jipé
    Publié à 06:54h, 27 février Répondre

    J’ai oublié un’pas ».

  • Gournouf
    Publié à 11:53h, 27 février Répondre

    C est vrai, de plus le premier train de marchandises de la route de la soie, parti de Pékin est arrive à Londres en 3 semaines au lieu de 5 par cargo en décembre ou janvier.

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