Les cons de l’année : Affaire « Ligue du LOL » : le crash des journalistes « caïds de Twitter »

Ces pseudo journalistes représentent tout ce que moi, Algarath, je hais en l’être dit humain. Ils ont indéniablement des gueules de cons et c’est parce que ce sont des cons. Pas des cons courants mais des cons de haut vol. Je mets des photos pour qu’on en juge

 

Défrayant la twittosphère depuis un article de « Libération » vendredi 8 février, la « Ligue du LOL » met à nouveau en lumière les comportements limites de bandes de mecs, en l’occurrence des journalistes bien installés de la place de Paris qui se prenaient, selon les mots du fondateur de leur groupe Facebook, Vincent Glad, pour des « caïds de Twitter ».

« Cette ‘Ligue du LOL’, c’est l’histoire de loosers, de mecs entre eux qui ont cru qu’ils étaient les rois de l’Internet et qui, dans un groupe privé, se sont dit qu’ils pouvaient insulter et se moquer du reste de l’Internet, notamment les femmes, notamment les homosexuels ». Le meilleur résumé de l’affaire dite de la « Ligue du LOL », qui secoue le microcosme de Twitter depuis que Libération l’a mise en lumière vendredi 8 février, est venu du secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, dimanche sur BFMTV.

Ceux que Mounir Mahjoubi qualifie de « loosers » n’en étaient pourtant pas tout à fait, officiellement… Ils font au contraire partie des journalistes influents de la twittosphère (entre 18.000 et 143.000 abonnés), et ont pour nombre d’entre eux accédé à des postes à responsabilité au sein des rédactions parisiennes. Parmi eux se trouvent ainsi le rédacteur en chef du site de Libération, Alexandre Hervaud, mis à pied ce lundi « à titre conservatoire », mais aussi un rédacteur en chef des Inrocks, David Doucet. Ce dernier a aussi été suspendu ce lundi et fait l’objet d’une procédure de licenciement pour faute grave, selon un journaliste de Libération. S’ajoutent à cette liste le rédacteur en chef de Slate, Christophe Carron, le fondateur du site pornographique Le Tag Parfait, Stephen des Aulnois – qui a annoncé se placer en retrait de son poste de rédacteur en chef -, le journaliste de Télérama Olivier Tesquet, ou encore Vincent Glad, passé un temps par l’émission Le Grand Journal sur Canal+ et dont les collaborations avec Brain Magazine et Libération ont été suspendues ce lundi.

LA « LIGUE DU LOL » ENTRE MECS SUR FACEBOOK

 

La « Ligue du LOL », c’était un groupe Facebook créé en 2009 par Vincent Glad et qui réunissait une trentaine de membres, tous pionniers du microcosme qu’était encore Twitter. Ceux-ci s’échangeaient d’abord des railleries « d’un commun absolu », assure aujourd’hui Alexandre Hervaud. Avant de dériver sérieusement, comme le raconte dans Libération le podcaster Henry Michel, ancien membre du groupe : « C’est devenu des feuilletons avec des personnages récurrents, des obsessions de certains membres »… Et selon de nombreux témoignages rendus publics ce week-end, les frontières de l’humour ont alors été largement dépassées. « Insultes, photomontages, gifs animés avec des trucs pornos avec ma tête dessus, mails d’insulte anonymes, énumère dans Le Monde la journaliste Nora Bouazzouni. C’était le forum 18/25 de jeuxvideo.com avant l’heure ».

 

Dans un post de blog, la militante féministe Daria Marx explique avoir « vécu de nombreuses années sur Twitter en ayant l’impression de fuir un sniper, d’avoir de la chance d’échapper aux balles virtuelles d’une armée devenue folle ». « Je me suis demandée ce que j’avais fait pour mériter tout cela, et je me suis laissée aller à penser que je ne valais rien, qu’il fallait que je disparaisse. (…) Je me réveillais dans la nuit pour voir si le harcèlement avait cessé, je me couchais avec des insultes, je me réveillais avec 40 nouvelles mentions ordurières. »

L’écrivain Matthias Jambon-Puillet fait également le récit, sur le site Medium, du harcèlement homophobe dont il aurait été victime. Il raconte : « Quelqu’un [de la ligue] a commencé à diffuser un photomontage de moi en train de sucer un pénis (forcément, l’homophobie) (encore une fois réalisé à partir de photo personnelle) sur un réseau de questions anonymes types Ask / Formspring / Curiouscat. Le montage était envoyé en masse à des mineurs, jusqu’à 12–14 ans, avec la mention ‘Salut je suis @lereilly, j’adore sucer ça t’intéresse ?’ (…) J’ai reçu, en 48h, plusieurs centaines de réponses, suite au copier-coller fou furieux de quelqu’un, jouant là sa dernière et plus ignoble cartouche ».

Le harcèlement aurait également dépassé le cadre des réseaux sociaux, accuse encore la journaliste mode Capucine Piot : « L’un des personnages qui, je l’ai su après, était dans leur entourage et les côtoyait avec qui j’avais eu une relation m’a même fait croire qu’il avait le sida pour me faire peur, et me laisser penser que je pourrais l’avoir. Des dingues. Je me suis retrouvée, tremblante, à faire les examens médicaux nécessaires ».

« La ligue, c’était un groupe pyramidal où les mange-merde harcelaient pour montrer aux boss qu’ils avaient de la valeur », continue d’expliquer sur Twitter la journaliste Mélanie Wanga, qui affirme avoir également été victime de ce cyber-harcèlement.

« ON ÉTAIT UN PEU LES CAÏDS DE TWITTER » (VINCENT GLAD)

 

 

« Nous étions influents, et c’est vrai que si on critiquait quelqu’un, ça pouvait prendre beaucoup d’ampleur », a reconnu Vincent Glad dans Libération vendredi. « Il y avait beaucoup de fascination autour de nous, on était un peu les caïds de Twitter. Il y a une part de vrai là-dedans, une part de gens qui ont pu se sentir légitimement harcelés. Mais il y a aussi une grosse part de fantasme ».

Ces « caïds de Twitter » se trouvent aujourd’hui dans la position des arroseurs arrosés. Beaucoup d’entre eux appartiennent à des médias qui se sont engagés dans la lutte contre le harcèlement et pour la libération de la parole des victimes, notamment des femmes, causes qu’ils ont eux-mêmes souvent publiquement soutenues. « MeToo a montré qu’un simple hashtag peut devenir un mouvement d’un nouveau genre, sans chef, sans contours définis, qui ne vit que par la force déployée par la libération de la parole », se félicitait Vincent Glad en octobre 2018 dans Libération, avant de se retrouver aujourd’hui au cœur d’une autre parole libérée sur le hashtag #LaLigueDuLOL

Le mois suivant, dans Télérama, Olivier Tesquet se lançait quant à lui dans une analyse de la culture web du « Lol » et du « trolling », semblant vouloir siffler la fin de la récréation numérique : « Si Twitter a été ces dernières semaines le lieu des hashtags #balancetonporc et #metoo, il ne faut pas oublier qu’il a longtemps été celui de l’invisibilisation », rappelait-il, avant de conclure : « Twitter a offert à l’oppression une boîte à outils, jouant avec les discours de haine le même rôle qu’une loupe sous les rayons du soleil. La route sera longue, tant le problème est structurel. Le web est fait par des hommes, pour des hommes. Ou par de grands ados, pour d’autres grands ados, qui sont encore en train de grandir. (…) De quoi donner corps à la figure sexiste du ‘brogrammeur’, incapable de concevoir un outil qui protège celles et ceux qui ne lui ressemblent pas ».

MEA CULPA EN CASCADE

 

Depuis vendredi, les mêmes multiplient les mea culpa, toujours sur Twitter : « En créant ce groupe, j’ai créé un monstre qui m’a totalement échappé, regrette Vincent Glad. On parlait de trolling, c’était du harcèlement ». Olivier Tesquet estime pour sa part que « l’inconscience » n’est pas une excuse suffisante. David Doucet, des Inrockuptibles, bat lui aussi sa coulpe : « J’étais lâche et trop heureux de compter parmi cette bande que la twittosphère d’alors admirait. (…) Cette libération de la parole m’a surtout fait prendre conscience que je comptais parmi les bourreaux ». Après avoir d’abord prié ceux qui « sautill[aient] de joie dans leur bile revancharde » d’aller « se faire cuire le cul », Alexandre Hervaud a à son tour présenté des « excuses sincères et tardives » aux cibles de la « Ligue du LOL ».

 

 

 

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1 Commentaire
  • gournouf
    Publié à 04:51h, 12 février Répondre

    david doucet qui place asselineau et l upr dans la fachosphère….il est journaliste comme macron est président:NUL

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