L’Ordre Mondial Libéral est mort

Vous conviendrez que garder son nez exclusivement sur les affaires franco françaises, les macroneries, les Benalla et les Gilets Jaunes, aussi importants soient-ils, est très limité. Il se passe des choses infiniment plus importantes et d’envergure dans le monde et la France va être directement impactée.

 

 

Pour celles et ceux d’entre vous qui, peut-être influencés par des sites « alternatifs » qui sont en retard de plusieurs années ou dont les rédacteurs ont des neurones embués, croient à l’émergence d’un nouvel ordre mondial, je leur dirai la chose suivante. Il n’y aura pas d’ordre mondial nouveau, car l’ordre mondial libéral est mort, kaput ! Cet article permettra peut-être de vous en convaincre.

 

Au-delà du caractère chaotique de l’apparent réalignement de Donald Trump, ces évènements où ce dernier a vilipendé les traditionnels alliés des États-Unis, tout en montrant patte blanche à des puissances habituellement hostiles, sont-ils les signes d’une nouvelle donne planétaire ? Assistons-nous à l’avènement de quelque chose de neuf, d’inédit, où pas un seul pays ne domine un « ordre mondial » ?

Oui, mais ce brassage de cartes a commencé bien avant l’élection de Donald Trump. Voici, en quatre mots-clés, les principales caractéristiques de la nouvelle configuration multipolaire qui, peu à peu, repousse l’Occident vers les marges.

SYMPTÔME

 

L’élection de Donald Trump est davantage le symptôme que la cause d’un phénomène perceptible depuis pas loin de deux décennies. Ce phénomène, c’est « la crise latente de l’ordre libéral » qui s’est mise en branle au début du millénaire. Crise alimentée par la hausse des inégalités économiques, la mondialisation selon le modèle américain ayant fait des gagnants, mais aussi des perdants.

Cette crise a été marquée notamment par le déclin des valeurs traditionnelles de l’Occident, telles que la démocratie ou les droits de la personne. « L’Occident n’est plus un modèle à suivre, et plusieurs pays cherchent d’autres modèles pour assurer la prospérité de leur population ». C’est le cas, par exemple, de la Chine et du Viêtnam, dont le développement économique n’est pas associé à une libéralisation politique.

L’arrivée au pouvoir de Donald Trump a accéléré le phénomène. Depuis, la première puissance mondiale qui a créé cet ordre libéral clame haut et fort qu’elle n’y croit plus ! Donnant ainsi un « puissant coup de pied dans la fourmilière ».

MULTIPOLAIRE

 

Il y a eu le monde bipolaire de la guerre froide, le monde unipolaire qui a brièvement suivi la chute du mur de Berlin, bienvenue dans un monde multipolaire aux alliances nombreuses et complexes. Ce n’est plus l’Occident qui choisit quels pays sont des partenaires économiques fiables et lesquels ne le sont pas. Cette dynamique s’est rompue .

Un exemple : la planète n’a pas arrêté de tourner quand Washington a annoncé son retrait de l’Accord de Partenariat trans pacifique, le fameux PTP. D’autres acteurs, dont le Japon et l’Australie, ont pris le leadership d’un nouveau traité qui devrait voir le jour en 2019. Sans les États-Unis.

Un autre projet de libre-échange, le Partenariat économique régional global, inclut l’Inde, la Chine, la Thaïlande, la Corée du Sud. Au total, 16 pays du Pacifique sont en train de forger des ententes beaucoup moins contraignantes que les traités de libre-échange traditionnels. Loin, très loin de Washington…

Pendant ce temps, la Chine vient de lancer un gigantesque projet des « nouvelles routes de la soie » qui visent à connecter l’Asie au Moyen-Orient. De nouveaux « couloirs de croissance » apparaissent, l’Inde se rapproche du Japon, Singapour négocie un accord de libre-échange avec l’Amérique latine.

Globalement, « un très grand nombre d’acteurs essaient de reprendre les choses en main en contournant les États-Unis », constate le chercheur. Les États occidentaux n’ont plus de réticences à négocier avec des dictatures plus ou moins éclairées, et ont cessé de donner des leçons de démocratie.

Résultat : les pays émergents n’ont plus à adopter le modèle occidental pour se développer.

COMPLEXITÉ

 

Ce nouveau monde multipolaire est très fragmenté et complexe. Des puissances s’affirment : « Personne ne peut freiner la montée de la Chine et de l’Inde, ça ne dépend plus de nous ».

Les grands pays à suivre, les nouveaux acteurs qui seront au premier plan dans cette reconfiguration économique mondiale, seront le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Argentine et, qui sait, peut-être même l’Iran.

De grandes institutions qui ont orchestré les belles années de la mondialisation libérale, comme l’Organisation mondiale du commerce, sont en perte d’influence. Et d’autres institutions prendront le relais.

Dans ce monde nouveau ouvert à de nouveaux acteurs, les États-Unis continueront d’exercer une influence sur le plan militaire. Par contre, leur crédibilité est déjà entachée : viendraient-ils vraiment au secours d’un allié en péril ? Sans crédibilité, leur poids ne pourra que s’étioler.

INCERTITUDE

 

Pendant que l’ordre économique mondial se déconstruit et qu’une nouvelle configuration voit progressivement le jour, le mot le plus important à retenir reste : « incertitude ». Qui sait quelle sera la prochaine cible de Donald Trump et dans quelle direction il entraînera son pays, avant de changer de cap et de repartir en sens inverse.

Les Etats-Unis veulent fonder dans le monde un “nouvel ordre libéral” s’opposant aux projets de pays comme la Russie, la Chine et l’Iran, a déclaré à Bruxelles le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo.

 

US President Donald Trump watches the Palm Beach Central High School marching band perform as it greets him upon his arrival to watch the Super Bowl at Trump International Golf Club Palm Beach in West Palm Beach, Florida on February 5, 2017. / AFP PHOTO / MANDEL NGAN (Photo credit should read MANDEL NGAN/AFP/Getty Images)

Pour barrer la route à ces “mauvais acteurs” de la vie internationale, le président Donald Trump n’hésitera pas à renforcer ou au contraire à se débarrasser d’accords internationaux conclus par le passé, a-t-il ajouté dans un discours prononcé devant des diplomates européens.

Washington, a souligné Mike Pompeo, tient toujours à tenir son rôle de première puissance mondiale mais entend refonder le système issu de la Seconde Guerre mondiale en s’appuyant sur les Etats souverains et non plus les institutions internationales.

“Dans les plus belles traditions de notre grande démocratie, nous rassemblons les nations pour construire un nouvel ordre libéral capable de prévenir la guerre et d’assurer une plus grande prospérité”, a lancé le chef de la diplomatie américaine. “Nous agissons pour préserver, protéger et promouvoir un monde libre, ouvert, juste et transparent d’Etats souverains.” Il a notamment évoqué les accords de commerce internationaux qui, a-t-il dit, profitent à la Chine et sont “le fruit empoisonné du recul américain”.

Il a ajouté que le président Trump poussait la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) à cesser de financer des pays comme la Chine, qui ont déjà accès aux marchés financiers pour lever des fonds. […] Donald Trump, a-t-il dit, ne détruit pas l’ordre libéral, il le réforme. Mike Pompeo a cité comme exemple le Brexit pour illustrer l’échec, selon lui, des organisations supranationales.

Il a bavé sur l’UE : Il a dénoncé les “bureaucrates” pour qui le multilatéralisme “est une fin en soi” et s’est interrogé sur les rapports entre les structures de l’Union européenne et les peuples des pays de l’Union.

 

Le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a répondu à ces critiques en soulignant que l’exécutif européen était contrôlé par les peuples, via le Parlement de l’Union et les gouvernements des Etats membres. […]

Le naufrage de l’ordre libéral mondial

 

Au début de 2018, le président du think tank « Council on Foreign Relations », Richard Haass, a publié un article intitulé « Ordre mondial libéral, RIP ». Il y établit que la menace actuelle contre l’ordre mondial libéral ne provient pas d’États-voyous, de régimes totalitaires, de fanatiques religieux ou de gouvernements obscurantistes (des termes spéciaux employés par les libéraux en référence à des pays qui ne s’alignent pas sur le modèle de développement capitaliste), mais de son architecte principal – les États-Unis d’Amérique.

Haass écrit : « Le libéralisme recule. Les démocraties ressentent les effets de la montée des mouvements populaires. Les partis des extrêmes politiques gagnent du terrain en Europe. Le vote britannique en faveur de la sortie de l’Union atteste de la perte d’influence de l’élite. Même les USA subissent des attaques sans précédent de la part de leur propre président contre les médias du pays, les cours de justice et les institutions de maintien de l’ordre. Les systèmes autoritaires, y compris la Chine, la Russie et la Turquie ont acquis de l’influence. Des pays comme la Hongrie et la Pologne semblent indifférents au sort de leurs jeunes démocraties ».

Nous assistons à l’émergence d’ordres régionaux. Les tentatives de construction de cadres mondiaux sont en train d’échouer.

 

Haass avait déjà publié des affirmations alarmistes, mais cette fois, il emploie cette rhétorique pour souligner la nature mondiale du phénomène. Bien qu’entre les lignes, on puisse aisément lire, d’abord un certain degré d’arrogance – l’idée que seuls les libéraux et les mondialistes savent vraiment comment administrer la politique étrangère – et ensuite, un certain complotisme.

« Les autres grandes puissances d’aujourd’hui, y compris l’UE, la Russie, la Chine, l’Inde et le Japon pourraient être critiquées pour ce qu’elles font, pour ce qu’elles ne font pas ou pour les deux. »

Cette liste pourrait probablement s’étendre à un certain nombre de pays d’Amérique latine, plus à l’Égypte qui signe des contrats de ventes d’armes avec la Corée du Nord en violation des sanctions de l’ONU, et au nouvel axe chiite Iran-Irak-Syrie-Liban.

Mais Haass est navré parce que c’est Washington elle-même qui change les règles du jeu et semble totalement indifférente à ce que vont faire ses alliés, partenaires et clients dans divers coins du monde.

« La décision de l’Amérique d’abandonner le rôle qu’elle joue depuis sept décennies marque ainsi un tournant. L’ordre mondial libéral ne peut pas survivre de lui-même, parce que les autres manquent soit d’intérêt, soit de moyens de le maintenir en vie. Le résultat en sera un monde qui sera moins libre, moins prospère et moins paisible, pour les Américains comme pour les autres. »

 

Un confrère de Haass au CFR, Stewart Patrick est d’accord avec lui sur le fait que les USA sont en train d’enterrer l’ordre mondial libéral. Ils ne le font toutefois pas seuls, mais avec la Chine. Si les USA avaient auparavant entretenu l’espoir que le processus de mondialisation allait graduellement transformer la Chine (et possiblement la détruire, comme dans le cas de l’Union Soviétique plus tôt), alors les Américains doivent avoir été très surpris de ce qui s’est en fait produit. Le pays s’est modernisé sans s’occidentaliser, une idée qui avait été également préconisée par le leader de la révolution islamique iranienne, l’Ayatollah Khomeini.

Aujourd’hui, la Chine étend son influence en Eurasie dans le respect de son modèle, et elle est généralement bien accueillie par ses pays partenaires.

Mais cela a été un processus douloureux pour les USA, parce qu’elle grignotait progressivement et irrévocablement son hégémonie.

« Son ambition à long terme est de démanteler le système des alliances des USA an Asie, pour le remplacer par un ordre régional de sécurité plus bienveillant (dans la vision de Pékin), dans lequel elle aurait une place d’honneur, et idéalement une sphère d’influence proportionnelle à sa puissance ».

L’initiative Belt and Road (nouvelle Route de la soie) fait partie intégrante de cet effort, en offrant non seulement des investissements (hautement bienvenus) dans des infrastructures pour les pays voisins, mais aussi la promesse d’une plus grande influence politique dans le Sud-Est, le Sud et l’Asie Centrale. Sur un ton plus agressif, la Chine continue de réclamer scandaleusement pour elle-même la presque intégralité de la Mer de Chine méridionale, où elle continue à bâtir ses îles artificielles, et aussi à mener des actions de provocation contre le Japon dans la Mer de Chine orientale, » écrit Patrick.

Quant aux USA, « Les États-Unis, pour leur part, sont un titan las, qui ne veut plus assumer la charge du leadership mondial, que ce soit économiquement ou géopolitiquement.

 

Trump traite les alliances comme un racket mafieux de protection et l’économie mondiale comme une arène de compétition à somme nulle. Le résultat en est un effilochage de l’ordre libéral international sans champion prêt à investir dans le système lui-même. On peut tomber d’accord avec les analyses des deux auteurs sur le changement de comportement d’un secteur de l’élite américaine, mais il est lié à beaucoup plus que Donald Trump (qui est si imprévisible qu’il s’est entouré de créatures du marécage même qu’il disait vouloir drainer) ou la classe populaire nord-américaine. Il faut regarder bien au delà.

Dans son livre Nation of Devils: Democratic Leadership and the Problem of Obedience, Stein Ringen, un politicien norvégien fort d’une longue carrière dans des institutions internationales, note, « Aujourd’hui, l’exceptionnalisme démocratique américain est défini par un système qui est dysfonctionnel à tous les niveaux nécessaires à des règlements amiables et à la loyauté… Le Capitalisme s’est effondré dans une crise due à une orgie de dérégulations. L’argent s’ingère dans la politique et mine la démocratie elle-même. » Et, en citant son confrère Archon Fung de la Harvard Kennedy School, « La politique américaine n’est plus caractérisée par le vote de l’électeur moyen, si cela avait jamais été le cas. Aujourd’hui, dans l’Amérique contemporaine, le capitaliste moyen règne, et les partis démocrate et républicain ajustent leurs politiques à des intérêts d’argent pour les attirer. »Et finalement, Mr Ringen ajoute, « Les politiciens américains réalisent qu’ils ont sombré dans un bourbier de corruption, mais ils sont piégés. »

Trump ne fait que refléter la dysfonction et les contradictions internes de la politique américaine. C’est le Gorbachev américain, mais qui a lancé la perestroïka au mauvais moment. Il doit être malgré tout concédé que si Hillary Clinton était devenue présidente, l’effondrement des USA n’en aurait été que plus douloureux, surtout pour les citoyens du pays. Nous aurions vu des réformes encore plus calamiteuses, un afflux accru de migrants, un déclin encore plus prononcé de la base industrielle du pays, et encore plus d’incitations à de nouveaux conflits. Trump tente de garder le corps de la politique nationale américaine à peu près en vie à l’aide de rustines, mais ce qu’il lui faut est une restructuration majeure, avec des réformes politiques de grande portée qui permettraient à ses citoyens de penser qu’ils peuvent jouer un rôle dans la destinée du pays.

Ces développements se sont étendus à de nombreux pays d’Europe, un continent qui, à cause de son engagement transatlantique, était déjà vulnérable et susceptible de turbulences géopolitiques dans le contexte actuel – dont l’émergence, au passage, est une des principales conséquences des politiques néolibérales elles-mêmes.

Stein Ringen continue sur ce sujet,

« Les services financiers mondiaux exercent un pouvoir de monopole sur les politiques nationales, sans une seule entrave de la part de la moindre apparence de pouvoir politique mondial. La confiance s’évapore, l’Union Européenne, la plus grande expérience historique en démocratie supranationale, est en train d’imploser… »

 

Il est intéressant de noter qu’une panique s’est emparée en l’Europe de l’Ouest et aux USA – la maison-mère de l’atlantisme, bien que diverses versions de cette recette de libéralisme aient été appliquées dans d’autres régions – par exemple, Singapour et le Brésil. Mais ils ne semblent pas aussi paniqués là-bas que dans l’Occident. C’est probablement parce que le modèle occidental de néolibéralisme n’accorde pas de liberté réelle de commerce, d’expression ou d’activité politique, mais impose plutôt un régime de soumission inscrit dans un cadre clairement défini. De sorte que la destruction du système actuel implique la perte de tous les dividendes précédemment acquis par les élites politiques libérales de l’Occident, qu’elles obtenaient en spéculant en bourse, par les mécanismes des paiements en devises étrangères (le système du dollar) et à travers les instruments des institutions supranationales (l’ONU, l’OMC et la Banque mondiale). Et, bien sûr, il y a des différences fondamentales dans la variété des cultures mondiales.

Dans son livre Le Dieu caché, Lucien Goldmann tire quelques conclusions intéressantes, qui suggèrent que les fondations de la culture occidentale ont des origines rationalistes et tragiques, et qu’une société immergée dans ces concepts qui a « aboli Dieu et la communauté, voit rapidement la disparition de toutes les normes externes qui peuvent guider l’individu dans sa vie et ses actions ». Et, parce que de par sa nature intrinsèque, le libéralisme doit continuer, mécaniquement, à « libérer » l’individu de toute forme de structure (classes sociales, église, famille, société et genre, jusqu’à libérer l’homme de sa propre individualité), en l’absence de normes communes dissuasives, il est très logique que le monde occidental ait été destiné à se trouver en crise. Et la montée de mouvements populaires, de mesures protectionnistes et des politiques conservatrices dont Haass et d’autres mondialistes libéraux parlent ne sont rien de plus que des exemples de l’instinct d’auto-préservation de ces nations.

Aucun besoin de concocter des théories du complot sur l’ingérence de la Russie ou de Poutine dans les élections américaines (que Donald Trump a également niée, se contentant de noter que le seul soutien de la Russie s’est porté sur Hillary Clinton, et il est absolument vrai qu’une partie de son financement provenait de Russie). Les décisions politiques prises par l’Occident obéissent à la logique interne de la crise actuelle : comme toujours, les élites occidentales ont besoin d’un bouc émissaire. Ce bouleversement géopolitique a commencé en Occident à cause de la nature du projet occidental lui-même, qui portait les germes de sa propre destruction.

Mais comme des scénarios de développement alternatifs existent, ils érodent le système actuel. Et d’autres projets politiques commencent à remplir le vide idéologique qui résulte de l’échec de la vision libérale – à la fois dans la forme et sur le fond.

Il est donc assez probable que la crise actuelle du libéralisme enterrera définitivement le système de l’hégémonie unipolaire occidentale. Et les mouvements populaires naissants, et le protectionnisme régional peuvent servir de base à un nouvel ordre mondial multipolaire. Non plus un ordre sous les ordres de quiconque mais un paysage social, politique et économique totalement multipolaire et non plus un ramassis de serfs formatés d’aucun pays qui les domine.

 

 

 

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2 Commentaires
  • jipé
    Publié à 15:23h, 29 décembre Répondre

    Il est vrai qu’avec un éléphant comme le Donald,les magasins de porcelaine,genre USA etUE ont du mourron à se faire.Les alliances se réorganisent.

  • jipé
    Publié à 15:29h, 29 décembre Répondre

    L’europe est toujours une colonie US/Israel.Elle sombrera avec ses maîtres.

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