Exit : La fin proche de notre démocratie représentative. Entre : Le pouvoir au Peuple

Rien n’est plus puissant qu’une idée parvenue à son temps ! Cette idée force c’est le passage intégral de la démocratie représentative à la démocratie participative. Si je peux me permettre nous devons prendre le temps d’analyser et de s’atteler à cette révolution puisque s’en est une. Pour cela nul n’est besoin de couper des têtes et de déchoir une classe de privilégiés.

 

L’Histoire est capable d’ironie phénoménale, je vous expliquerai pourquoi plus loin dans l’article. Les analystes de l’ombre, payés par l’oligarchie, qui ont œuvré pour déterminer les opportunités dans le système politique français avant l’élection de Macron avaient vu juste. Mais seulement en partie.

 

Ils avaient vu un rejet pour la dualité droite / gauche, un rejet encore plus fort de la classe politique traditionnelle, une aspiration énorme pour le changement. En conséquence ils ont créé Macron. Jeune, dynamique, avec une apparente maîtrise des dossiers et de la finance et des dents de loup avec sourire adéquat mais tête pourrie. C’est lui qui a donc raflé la mise dans un premier temps. Ça aurait pu durer quelques années de plus.

Hélas des erreurs grossières du petit monsieur de l’Élysée ont accéléré les déboires : un manque de maturité du bonhomme scotché à sa maman Brigitte, une propension à se coller avec des corps noirs en sueur de préférence des repris de justice, des phrases malheureuses à répétition sur le Peuple, un parti inexistant dans les faits, une macronie hautaine, hors-sol, dédaigneuse, inexpérimentée, une synarchie très solide de hauts fonctionnaires rompus à l’administration, des renvois d’ascenseur somptuaires aux commanditaires bien trop voyants, une mise en coupe réglée des maigres revenus du Peuple d’en bas au profit de ceux d’en haut.

Pourquoi ironique ?

 

Eh bien le nouveau monde promis par Macron, les changements promis par lui, basés sur rien, ce ne seront pas par lui que ça va arriver mais par le Peuple. Ça n’est pas ironique ça ? Les analystes pré macroniens avaient humé une partie des odeurs. Bon diagnostic pas si mauvais, remède foireux.

Exit le vieux monde, entre la démocratie participative, la souveraineté au Peuple et à la Nation. Exit le guignol de l’Élysée et sa clique de députés godillots. Avènement en chemin mais encore au stade initial, dans la douleur sans doute, d’un vrai nouveau monde. Mort de la démocratie représentative. Mort des syndicats, des partis politiques et des associations bidons. Entrée de la gestion raisonnée de l’État et de la répartition bien plus juste des richesses.

Rousseau : la propriété privée est le cancer des civilisations. Il faut simplement l’organiser. La Boétie et la servitude volontaire : « Le tyran ne vole pas la liberté, mais c’est le peuple qui lui délaisse ». Il faut délaisser sa liberté à personne d’autre qu’au Peuple, le seul souverain.

 

La massification scolaire et la démocratisation culturelle des années 60 ont joués leur rôle en faisant monter l’intelligence collective. Aujourd’hui, un titulaire du bac présente le niveau culturel d’un ingénieur des années 1950. Cette culture globale et politique vient contredire la représentativité puisque nous pouvons tous grâce à nos expérimentations, nos expériences, nos savoirs, analyser une situation politique et défendre nos propres intérêts nous-mêmes sans s’en remettre à des sangsues. C’est pourquoi un esprit de délibération grandit dans la conscience des peuples et menace le système représentatif.

Une deuxième grande raison qui a permis la mise en place de la démocratie représentative : Les divisions sociales étaient autrefois bien marquées. Soit on était prolétaire et communiste, soit on était patron/artisan et capitaliste. De plus, les individus qui constituent les groupes sociaux étaient tous d’accord dans la convergence de leurs intérêts Par exemple la classe ouvrière était unie derrière les mêmes revendications lorsqu’elle entamait une lutte sociale, d’où les syndicats. Il n’y avait pas ou très peu d’opposition au sein de cette classe sociale. En ce qui concerne les clivages politiques avec notamment l’opposition Droite-Gauche, ils étaient structurants et reflétaient les divisions sociales présentes au sein de la société. La gauche défendaient réellement les intérêts des dominées et la droite ceux des dominants.

Aujourd’hui, trois nouveautés mettent à mal ce fonctionnement.

Les divisions sociales ont des frontières poreuses. L’apparition d’une classe moyenne rend difficile l’expression des contradictions. Lorsqu’on se situe dans cette tranche, devons-nous faire alliance avec la classe populaire ou avec la petite bourgeoisie ? Socialement et culturellement, la classe moyenne est à la frontière des deux camps.

Nous apercevons des antagonismes au sein même des groupes sociaux. La classe ouvrière ne résonne plus comme une seule voix défendant les mêmes intérêts.Elle est aujourd’hui dispersée, des communistes aux nationalistes conservateurs. Cette fragmentation a dilué la conscience de classe qui se constate dans l’impuissance des forces révolutionnaires dans les combats sociaux. Si on prend pour exemple un sujet comme la retraite, certains ouvriers défendront le Régime Général, d’autres des assurances privées et d’autres des régimes plus spéciaux, alors qu’auparavant, ils défendaient tous le régime. Il y a donc des contradictions et des oppositions au sein même des groupes sociaux qui autrefois, étaient bien structurés dans leur vision de l’intérêt commun.

Les divisions politiques sont également déstructurées. La gauche a tourné le dos aux ouvriers depuis 40 ans. La tendance néolibérale est présente dans la majorité des partis politiques, et le clivage structurant gauche-droite semble ne plus exister devant la connivence de leur politique.Nous avons donc des divisions sociales plus dures à déchiffrer qui divisent de l’intérieur les groupes sociaux.

Un politicien pense à la prochaine élection. L’homme d’État à la prochaine génération.

 

Elle résume la conception de la politique d’aujourd’hui ainsi que le ressenti du peuple. En effet, le poids du carriérisme politique est omniprésent, cette volonté de défendre avant tout des intérêts personnels avant l’intérêt général. Devant la démagogie d’une grande partie des personnalités politiques, la confiance du peuple s’est diluée.

En conséquence, le carriérisme, le mensonge, la démagogie, les scandales à répétition sont des causes supplémentaires et pas des moindres, dans le dégoût ressenti par la population française dans l’organisation et le fonctionnement de la politique.

La démocratie peut se définir ainsi : La reconnaissance d’une société divisée, qui met en place l’expression de ces divisions à travers la délibération, pour ensuite les arbitrer.

 

Mais que vaut cette définition devant le manque flagrant de délibération ? Où en est l’expression populaire des contradictions ? La dépolitisation du champ social est impressionnante si on compare notre époque à celle des années 70. Nous pouvons également constater cet affaiblissement de délibération dans le champ politique. L’utilisation massive du 49.3 depuis les années 80 caractérise cette volonté d’imposer une force idéologique sans jamais accepter la contestation.

Les ordonnances sont également une autre manière de refuser le débat démocratique. Cette façon de faire de la politique est dangereuse car nous remettons en cause les fondements même de la démocratie, ses valeurs et ses usages.

La perte de souveraineté

 

La question de la souveraineté est aujourd’hui reprise par de nombreuses forces politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche. Mais pourquoi penser que sa diminution fait reculer la démocratie. D’ailleurs de quelle souveraineté parlons-nous ? On a autrefois théorisé que la souveraineté nationale, c’est-à-dire l’indépendance d’une nation vis-à-vis des autres s’établit avec quatre principes fondamentaux :

 

  • Le droit de battre la monnaie
  • L’autonomie dans la création des lois
  • Le droit de rendre la justice
  • Le devoir de décider de faire la guerre

 

Or, c’est quatre points sont aujourd’hui inexistants par la globalisation.

 

C’est un changement de régime important puisque pour la première fois dans l’histoire des civilisations, il n’y a plus de frontières stables aux nations. Mais ce qui est depuis longtemps en voie de mondialisation, c’est la capacité des puissances privées de structurer les échanges économiques, commerciaux et financiers. Cette mondialisation est donc majoritairement privée et d’un point de vue culturel, un impact massif est ressenti.

Deux conceptions s’opposent donc, et qui divisent les Français : Une opportunité universaliste qui va permettre une transmission culturelle riche et plurielle, et de l’autre, une menace pour la diversité culturelle et une peur de se soumettre à une culture globale, devant notamment la domination culturelle américaine.

Le pouvoir est ailleurs : Le dernier point est sans doute le plus important et le plus démoralisateur pour nombres de personnes. Les politiciens ne seraient-ils pas devenus des prestataires de service ? Quelle marge de manœuvre a aujourd’hui le président devant les directives de l’UE ? Devant la domination financière des banques ? Devant l’arrogance des actionnaires ? Comment un politique peut-il éviter une délocalisation/licenciement collectif alors que le droit à la propriété privée lucrative est marqué au fer rouge dans la déclaration des droits de l’Homme ?

Les grandes avancées ont été conquises pour l’unique raison que la rue était investie d’hommes et de femmes luttant pour la conquête de leurs droits. Aujourd’hui ce sont les Gilets Jaunes.

 

Il ne faut pas être anarchiste ou communisme pour accepter l’idée qu’il y a un rapport de force entre le salariat et le capital, c’est-à-dire une lutte des classes.

L’usure dans la démocratie représentative arrive à son terme. Attention, pas la fin de la démocratie, mais une forme particulière de démocratie. La représentativité a certes été nécessaire pendant un temps. Elle a fait partie de l’évolution des sociétés mais aujourd’hui, avec une culture globale, des divisions sociales floues, un carriérisme assumé, un refus de la contradiction (49.3)… une demande de délibération ou bien de contrôle populaire sur les élus se fait ressentir.

Dans un premier temps, on pourrait penser au référendum. Or ce dernier n’est pas du tout synonyme de démocratie s’il fait l’impasse sur la délibération. La démocratie, ce n’est pas arbitrer, mais avant tout exprimer les contradictions, pour ensuite en débattre afin de donner un arbitrage.

La deuxième chose est le contrôle des élus qui pourrait se faire par la révocation.C’est cela la souveraineté populaire, concept de Rousseau en opposition à la souveraineté nationale. C’est le peuple qui détient le pouvoir et non la nation. Cependant, la révocabilité consisterait à avoir toujours une représentativité, d’où cette contradiction.

Comment construire une alternative au modèle démocratique représentatif ? Les syndicats, les associations, les coopératives ? Une chose est sure, ce ne sont pas les personnalités politiques qui mettront en place des alternatives, par avidité et intérêt personnel, fermant les yeux sur l’impossible à sauver. Nous devons choisir entre continuer à subir l’Histoire ou bien la créer nous même, pour reprendre Marx.

Il y a crise quand le vieux monde se meurt et que le nouveau monde ne veut pas naître. Le vieux monde se meurt, c’est sûr. Mais le nouveau monde va naître, et balayer ces médias complices, ces éditorialistes carpettes, ces syndicats payés, ces partis politiques carriéristes.

 

 

Inspiré par les travaux de Médiapart

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