L’allocution de Macron

Premières réactions à chaud de certains experts. Emmanuel Macron n’a pas répondu à la demande d’une démocratie plus participative qui a émergé dans les revendications des « gilets jaunes »

 

Il est passé à côté du sujet, avec une tendance dans son discours à réduire les demandes des « gilets jaunes » à l’expression d’une volonté de satisfaction immédiate alors même que le mouvement témoigne d’une volonté de réflexion collective sur le système politique en place en France.

Son discours n’a pas abordé les questions essentielles soulevées ces dernières semaines concernant la juste répartition des efforts au sein de la population, la protection de l’emploi, l’austérité, ou même la taxation du kérosène et l’isolation des logements.

L’annonce des mesures sociales et la perspective du débat à venir ne suffiront pas pour ouvrir un espace de dialogue avec les « gilets jaunes.

 

Il y a une déconnexion entre l’effet d’annonce de « l’état d’urgence économique et social » mentionné par Macron et la liste de mesures assez disparates et limitées annoncées. Déjà des rectifications et des ambiguïtés sont apparues, quelques heures après le discours, ce qui donne une impression d’impréparation et d’imprécision, voire pour les plus critiques, de volonté de manipuler l’opinion publique. Les conditions sont peu propices à l’ouverture du dialogue.Seule une parole précise et rigoureuse pourrait rétablir une forme de confiance.

Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté de ne pas « revenir en arrière » sur l’ISF alors que cette mesure fait figure de symbole et de préalable au débat pour de nombreux « gilets jaunes ».

 

Il prend le risque d’une rigidification des positions et envoie un double message. « Je maintiens mes positions » et « je défends les plus riches ». Dans son discours, il a révélé le fond de sa pensée « revenir en arrière nous affaiblirait ». Il parlait de la France, alors qu’évidemment on peut aussi lire sa propre angoisse. Ce choix s’explique par le fait que M. Macron agit davantage en chef de gouvernement qu’en président de tous les Français. Il défend les options de son gouvernement, en s’appuyant sur les parlementaires LREM et sur ses électeurs. Pourtant il pourrait aussi se positionner de manière plus ouverte et plus rassembleuse.

Bref, peut mieux faire. Que le freluquet de l’Élysée revoit sa copie.

 

Algarath

 

 

 

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