“Gilets jaunes”: une cruelle punition pour Macron (Très Méritée)

On est en train de faire pan-pan culcul au postérieur du freluquet, le petit Jupiter de l’Élysée. Une raclée méritée à celui qui nous emmerde depuis 18 mois.

 

Le prix de l’orgueil et de la surdité se paie cash en politique. Pendant trois semaines, le pouvoir est resté sourd à ce qui se passait dans le pays. Sourd et aveugle. Il n’allait pas plus reculer devant ces « gilets jaunes» qu’il n’avait reculé devant les cheminots, la CGT ou Mélenchon, et d’autant moins qu’ils étaient inorganisés et incohérents, que Noël approchait et que l’opinion ne pouvait que décrocher après la flambée initiale. Coupable erreur de jugement. Déraisonnable entêtement.

On n’a pas assez fait de pédagogie

 

Que voulaient donc défendre à ce point chef de l’État, Premier ministre, élus de la majorité ? Quel « cap », quelle « trajectoire » ? « On s’est planté dans notre communication », lâche le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, l’apparatchik à la triste figure ; « on n’a pas suffisamment fait de pédagogie », insistent les députés de la majorité.

Une politique n’est pas une affaire de pédagogie ou de communication : elle s’impose d’elle-même, bien ou mal. Les Français ne sont pas des enfants… Les élitistes ont un sentiment de supériorité intellectuelle absolu, et considèrent les classes sociales d’en dessous comme des idiots.

Quand le gouvernement se plante magistralement et tente de l’excuser en trouvant une bonne raison, c’est toujours « on n’a pas assez fait de pédagogie ». Un aveu de dédain du monde d’en haut vers le monde d’en bas. Il faudrait que ces « pédagogues » comprennent une fois pour toutes que cette attitude est dévastatrice et que le Peuple ne tolère plus ce diagnostic méprisant. Rajouter cette humiliation à un état de précarité insupportable et tiré à l’extrême fait déborder le vase.

Réduire les “gilets jaunes” à un groupe hétéroclite incohérent réclamant moins de taxes et “en même temps” plus de services publics est un contresens absolu.

 

La France est entrée depuis quelques semaines dans une période d’agitation dangereuse pour le pouvoir, à la fois celui du gouvernement et aussi de celui qui tire les ficelles, les Rothschild et consort.

Nous assistons à l’une de ses irruptions rageuses et irrationnelles qui est le symptôme du dialogue tumultueux qu’elle entretient depuis des siècles entre Liberté et Egalité ; cette même dialectique qui a provoqué la Révolution française et bien d’autres événements.

Le mouvement des Gilets Jaunes n’est pas un mouvement social de revendication. C’est un mouvement populaire multi thématique. Le réduire à un « referendum » populaire pour ou contre l’ISF, comme semble vouloir le faire croire certains, est un habillage de la réalité en rêve idéologique.

Ce mouvement est un symptôme de forces à l’œuvre depuis 20 ans dans notre société, alors que le problème se creuse depuis 40 ans. Ces forces sont nombreuses, de natures différentes et parfois même contradictoires ; mais cela ne les rend pas moins évidentes et explicites. Elles sont décrites par de nombreux experts depuis longtemps. C’est le désenchantement des citoyens d’une « France, pays immergent ». Une erreur que font largement la classe politique et de nombreux intellectuels du « cercle de la raison ». Il y a une motivation, une réalité et une cohérence à l’irruption de ce mouvement.

C’est d’abord le symptôme d’un individualisme renforcé et même de plus en plus forcené. La preuve. Toutes les revendications se retrouvent dans les gilets jaunes, mouvements sans tête et sans coordination. La force du mouvement réside dans le caractère protéiforme des revendications qui sont très individuelles : « moi je paie trop d’impôts mais pas les autres, moi je soufre plus que toi, moi je n’ai pas assez de services publics alors que les autres ont tous ce qu’ils veulent, etc.. ».

Ensuite, c’est l’expression de la confusion totale dans la compréhension de rouages de notre démocratie sociale ; personne ne sait qui fait quoi, qui paie quoi, ni la valeur des choses (les services publics par exemple). On mélange solidarité nationale avec gratuité pour tous. On cache le coût des choses avec le tiers payant, comme avec le prélèvement à la source à venir (qui sera dévastateur). Il y a aussi une confusion sur le cadre politique qui fait notre démocratie. Pour les uns, nous ne sommes plus en démocratie et pour les autres, nous payons les conséquences d’une politique néo ou ultra-libérale ! Ce qui pourrait être un conte de Noël pour enfant, mais est, en réalité, une triste farce. Cette confusion est largement le résultat d’une confusion ardemment entretenue par la classe politique qui a démissionné depuis belles lurettes de son rôle de clerc.

Evidement ce mouvement est aussi le résultat de l’inefficience du système public français (Etats, collectivités et solidarité nationale) qui englouti chaque année 1250 milliards €, soit 57% de notre PIB, faisant ainsi de la France le pays le plus socialisé au monde avec le Lesotho, Wallis et Futuna et les deux ou trois dictatures communistes encore restantes. Cette inefficience, c’est la dégradation constante des services publics dont on ne répètera jamais assez que non ils ne sont pas « gratuits » ; c’est la sclérose de l’économie française qui se désindustrialise et qui n’arrive pas à remettre au travail 9% de Français en âge de travailler ; c’est l’évident effondrement du pouvoir d’achat des français en une génération. Ce même pouvoir d’achat que le peuple réclame à cors et cris depuis des années (souvenez-vous du slogan qui fit gagner Nicolas Sarkozy en 2007, « travailler plus pour gagner plus ») et dont la moindre croissance est épongée par un Etat ivrogne qui en réclame toujours plus.

Enfin ce mouvement est aussi – et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase -l’expression d’un ras-le-bol massif et intra classes sociales des taxes et impôts, mais aussi des réglementations, normes, interdits, restreignant outrageusement la liberté des français et les infantilisant sans cesse.

On ne peut éviter de souligner la très forte personnalisation dont le Président de la République est la victime, et la haine qu’il suscite chez certain, qui est l’évident résultat d’une communication exaspérante.

 

Certains s’évertuent dans les media à faire croire que l’ISF est à la racine du mal, mais c’est faux. Les raisons de la mobilisation des gilets jaunes n’est pas la soif égalitariste des Français, mais l’overdose des interdits et le poids insupportable des prélèvements. C’est la révolte de la Classe moyenne. Celle qui a un boulot et qui a besoin d’une voiture pour aller bosser.

N’oublions pas que le mouvement se constitue autour de l’automobile, le symbole par excellence de la mobilité et donc de la liberté. Augmentation du prix des contrôles techniques, augmentations des carburants et les 80km/h. Les Français ont compris que l’inefficience de l’Etat à se réformer, qui était pourtant la promesse phare d’Emmanuel Macron durant la campagne électorale, serait compensée par une addition de taxations en tout genre. L’adjuvant de la pilule serait la protection de l’environnement et de la planète – contre qui personne ne peut être – et donc la culpabilité imposée au Peuple qui, lui n’a pas fait les choix qui ont conduit à cette situation.

Les Français ont payé « cash » les bénéfices de la mondialisation au profit des riches par la désindustrialisation et le chômage, pourquoi leur faire payer « cash » et, en temps record, la transition écologique.

 

Quand on sait que la France représente moins de 0,9% de la population mondiale, qu’elle est le meilleur élève des pays développés en matière d’émission de CO², quand on se souvient que l’Etat a poussé les français à s’équiper en diesel pendant 20 ans, vouloir revenir dessus en trois ans, ressemble beaucoup à une mystification dont les Français ne veulent être ni les dupes, ni les victimes. Pour ces français de la classe moyenne, les élites françaises vivent en vase clos dans une peur millénariste de fin du monde excessive et totalement déraisonnable, pendant qu’eux craignent pour leur fin de mois.

Sortir de la crise majeure dans laquelle la France s’enfonce, nécessite de comprendre ces tendances de fond qui sont prégnantes depuis longtemps. L’urgence est de revenir aux fondements de la campagne présidentielle :

 

  • d’une part, réduire les prélèvements en réduisant la dépense publique. Pas moins de services mais mieux. Ils regagneront ainsi du pouvoir d’achat.
  • D’autre part, arrêter « d’emmerder » les Français et leur simplifier la vie. Ils retrouveront enfin un peu de liberté. Une multitude de mesures peuvent être prises pour donner accroire à ce qui serait une direction jamais prise par l’Etat. Enfin, il faut cesser les déclarations pousse-au-crime de ministres qualifiant les courses de Noel, « d’achats inutiles » – infantilisation insupportable – et de « mauvaises pour la planète » – culpabilisation ridicule. Les Français regagnerait en responsabilisation, ce qu’ils méritent.

 

Il faut savoir raison garder et redonner l’espace de liberté aux français qui leur manque tant et qui permet, à bon escient, de créer les conditions saines de la solidarité à laquelle ils sont tant attachés.

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