Émeutes partout, et à répétition. Pour l’Insurrection, ça vient !

Je me garderai bien de jouer les pythies du phénomène des Gilets Jaunes. Chaque personne qui manifeste actuellement en connaît plus que moi puisqu’elle, ou lui, souffre au quotidien ce qui est une première raison. La deuxième c’est qu’elle oui lui sait pourquoi ils sont là. La troisième aussi c’est qu’elle seule, lui seul, sait jusqu’où et jusque quand ils iront.

On peut quand même essayer de qualifier ce qui se passe. Manifestation, émeute, insurrection, révolution ?

 

Je pense que pour le moment ces manifestations sont des émeutes. Une émeute est une manifestation spontanée, généralement violente, résultant d’une émotion collective. Celles et ceux qui participent à des émeutes sont appelés des émeutiers.Au sens originel une émeute populaire désignait une émotion, liée à un événement considéré par une partie de la population comme interdit et révoltant. Sous l’Ancien Régime, les émotions populaires étaient le plus souvent causées par les disettes. La population affamée s’en prenait aux boulangers, aux marchands de grains, etc. comme en 1789.Les principales caractéristiques d’une émeute sont : vandalisme, destruction ou incendies de mobilier urbain, poubelles, voiture, bâtiments public ou privé, cabines téléphoniques, réverbères ; violences urbaines, affrontement avec les force de l’ordre (en général la police antiémeute), Hooliganisme ; pillage ; barricade.

L’insurrection, elle, ne vient pas encore

 

Le peuple en colère occupe la rue. Pour les pythies du soulèvement, cette fois est la bonne, oubliant que rien n’est plus aléatoire qu’une révolution. En France, dès que des troubles surviennent, on annonce pour demain matin une nouvelle édition de la Révolution française. Les uns la convoitent, les autres la redoutent, mais tous considèrent aujourd’hui qu’elle frappe à notre porte. En proclamant que « la France s’embrase », on court moins le risque de se tromper. Car une partie de la France s’embrase et 80% des sondés la soutiennent.

L’insurrection, qui se définit comme le soulèvement contre le pouvoir en place par le moyen des armes, suppose pourtant des conditions préalables qu’il est difficile de réunir.Outre les violences de rue, elle requiert au minimum des institutions paralysées, une économie à l’arrêt, des forces de répression pactisant avec les émeutiers et une « coagulation des mécontentements » – on disait naguère « convergence des luttes ». À ce jour, il n’est pas encore acquis que le pays se trouve à la veille du Grand Soir.

Ceci dit, mon humble avis c’est qu’on n’en est pas si loin !

Citons Osmont : « Tant de difficultés à prévoir le moment précis d’un départ de feu devraient conduire les artistes divinatoires à ne plus seulement lire dans les astres, les nombres ou le marc de café de la contestation. Ils seraient bien inspirés de se tourner vers la capnomancie – l’interprétation des formes et couleurs de la fumée pour en tirer des présages – en recherchant les significations cachées que contiennent les volutes de gaz lacrymogènes. C’est en étant au plus près des manifestations de rue qu’on perçoit le mieux le cours des événements. »

Qu’en pense Victor Hugo ?

 

« De quoi se compose l’émeute ? s’interroge Victor Hugo dans Les Misérables. De rien et de tout. D’une électricité dégagée peu à peu d’une flamme subitement jaillie, d’une force qui erre, d’un souffle qui passe. Ce souffle rencontre des têtes qui pensent, des cerveaux qui rêvent, des âmes qui souffrent, des passions qui brûlent, des misères qui hurlent, et les emporte. »

Nul ne peut anticiper avec certitude le jaillissement d’une flamme en direction d’une âme qui souffre. Dans la situation présente, il est de ce fait aussi hasardeux de pronostiquer une insurrection imminente qu’un retour au calme.

Alors on va dire qu’on n’en est pas au stade de la manif’, mais qu’on est en plein dans les émeutes. Pour l’insurrection on attendra les erreurs du pouvoir comme un entêtement obstiné et des bavures où il y aura des morts du côté populaire. Comme je l’ai dit, ça ne saurait tarder. Pour la révolution, faut pas rêver !

 

Algarath

 

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