Gilets jaunes. Qu’est-ce que les VBRG, ces véhicules blindés de la gendarmerie qui seront déployés samedi à Paris ?

89 000 policiers et gendarmes seront mobilisés samedi en France, dont 8 000 rien qu’à Paris. 12 véhicules blindés à roue de la gendarmerie (VBRG) seront également déployés dans la capitale. La dernière sortie en métropole de ces blindés légers date de l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en avril.

 

Des VBRG dans les rues de Paris samedi ! Un tel déploiement de blindés légers de la gendarmerie a de quoi susciter plusieurs réflexions.

Un matériel ancien

 

Ce blindé à roues est destiné au maintien de l’ordre. Il équipe les trois escadrons du Groupement blindé de gendarmerie mobile de Satory.

Le VBRG est entré en service sous le nom de Berliet VXB 170. Berliet : le nom fleure les années 1960/1970 et dénote l’âge canonique de ce blindé capable de transporter 9 militaires équipés et dont on annonce régulièrement le remplacement par un type de véhicule plus moderne et mieux adapté aux besoins de la gendarmerie..

Sur les quelque 70 VBRG encore en ligne (sur les 155 livrés par Berliet à partir de 1972), la moitié est déployée en Corse et dans les départements et territoires d’outre-mer.

Sur ces terrains, les lames dont ils sont équipés sont utiles pour dégager les obstacles routiers, ainsi que le rappelait à Ouest-France en juillet le général Lizurey, le patron des gendarmes, après l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et l’engagement des VBRG : « Les VBRG sortent peu. Avec Notre-Dame-des-Landes, c’est la première fois depuis qu’ils existent qu’ils sont sortis en métropole pour du maintien de l’ordre. D’habitude, on les utilise pour des missions de secours, comme lors de chutes de neige. Jusqu’à présent, on les mettait en réserve mais c’est la première fois qu’on les a engagés réellement. Or ça fait 45 ans qu’ils existent. Outre-mer, en revanche, on les utilise régulièrement ; on a par exemple une composante blindée extrêmement importante en Nouvelle-Calédonie parce que les VBRG permettent de dégager les routes avec leur lame ».

Les fourgons Renault sont assez vulnérables et ont été pris pour cible par les émeutiers de samedi dernier.

Samedi, 12 VBRG (soit un tiers du parc métropolitain) seront engagés dans un rôle purement défensif puisqu’ils ne seront équipés d’aucun armement (mitrailleuse ou lance-grenades).

« Il y a déjà eu des mises en alerte de véhicules blindés à la faveur d’émeutes il y a quelques années en banlieue. En revanche, c’est la première fois qu’ils sont engagés dans cette configuration et ce volume », souligne le patron de la gendarmerie, en rappelant que la mission première de ces engins est la « protection contre les projectiles, les cocktails Molotov, les boules de pétanque ».

Les VBRG serviront soit à véhiculer des groupes de gendarmes mobiles, alors mieux protégés que dans leurs fourgons Renault B110, soit à dégager les obstacles et barricades qui ne manqueront pas d’être installés par les manifestants.

Blindé mais vulnérable

 

« Notre-Dame-des-Landes a permis de montrer leur utilité ; ils nous ont été bien pratiques pour dégager les départementales bloquées par les Zadistes et pour démonter plus de 210 barricades au total. Démonter une barricade en feu à la main, c’est difficile », ajoute le général Lizurey.

Utile mais pas indestructible. L’un des VBRG engagé à Notre-Dame-des-Landes a été sérieusement endommagé car il s’est retrouvé bloqué dans une barricade enflammée. « L’équipage a eu très chaud, littéralement ».

Dans une situation quasi insurrectionnelle, ces blindés risquent donc d’être utiles. Mais demain, les VBRG pourraient bien aussi devenir des cibles prioritaires des probables émeutiers qui ont démontré, le week-end dernier, leur violence, leur détermination et leur radicalité.

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