Venir du Peuple c’est déjà savoir de quoi on parle

Je parle beaucoup du Peuple, parce que j’en viens. Je pense que si on est au contraire né avec une cuillère en argent dans la bouche on ne parle pas du peuple et si on s’y risque on ne peut dire que des conneries.

 

Je viens d’un milieu ouvrier du Nord, du textile du côté de ma mère. Ce que vivent les Gilets Jaunes, je l’ai vécu jusque 21 ans. Je me levais le matin et ma mère pleurait dans notre minuscule cuisine. Elle avait fait ses mots croisés du jour et les marges du journal étaient pleins de chiffres, les montants à gagner pour assurer le quotidien. Mon père lui était un émigré Polonais.  Je suis allé au restaurant pour la première fois à 21 ans.

Pas pour me plaindre, il y a pire que moi, surtout qu’après j’ai fait une carrière super brillante dans la haute finance. C’est con hein, un fils d’ouvrier qui peut enfin côtoyer les millionnaires et les milliardaires, les conseiller et leur gérer leur fric.

Pour ceux qui aiment l’histoire, voilà d’où je viens du côté de ma mère, je vous présente mes ancêtres

 

Le berceau de mes ancêtres maternels est Lannoy, plus petite ville de France, où florissait l’industrie textile. La plupart de mes ancêtres exerçaient des métiers liés à cette industrie. Tous les ancêtres dont la liste figure ici, sont nés, ont vécu, se sont mariés et sont morts à Lannoy, sauf indication contraire. Je ne mentionne ici que les enfants de mes ancêtres qui sont dans mon ascendance directe, pas leurs frères et sœurs éventuels.

Mon plus lointain ancêtre connu s’appelait Vincent Germain. De lui on ne sait pratiquement rien, sinon qu’il est probablement né sous le règne finissant du roi Louis XIII. On ignore également le nom de sa femme, mais on sait qu’ils ont eu un fils, François Germain, qui se maria le 12 Septembre 1684 à Lannoy, sous le règne de Louis XIV le Roi Soleil, avec Antoinette Dupire, qui mourut le 25 Mars 1747.

Un fils naquit de cette union, Vincent Germain, qui portait le même prénom que son grand-père. Ce Vincent-là naquit le 12 Février 1701, il épousa le 9 Mai 1729 Jeanne Lorthioir Lautain, et mourut le 6 Mai 1771, à l’âge de 70 ans, après avoir passé sa vie à exercer le métier de tisserand. Sa femme, Jeanne Lorthioir, était la fille d’Auguste Lorthioir Lautain, marié le 2 Mai 1696 à Jeanne Agnès Bertrand, mort le 30 Novembre 1722. Jeanne Agnès Bertrand lui survécu quelques années et mourut le 3 Août 1728. Il est intéressant de noter que mes ancêtres maternels comportaient des Lorthioir à la fois dans l’ascendance de ma grand mère, et de mon grand père. Ce qui fait que ma grand-mère et mon grand-père étaient lointains cousins, ce qu’ils n’ont jamais su. En fait mon grand père maternel, Gustave Lorthioir, avait été adopté par un Lorthioir, mais son père était un Deffrennes, qui employait sa mère Juliette Desplanque comme bonne.

Auguste et Jeanne Agnès donnèrent naissance à Pierre Joseph Germain, né le 6 Juillet 1731, de profession hautebilleur, c’est-à-dire tisseur, qui épousa le 5 Août 1755 Marie Catherine Delattre, et mourut le 15 Septembre 1800, à 69 ans, quelques années après la Révolution Française. Sa femme Marie Catherine Delattre était un peu plus âgée que lui. Elle était née le 20 Janvier 1729, exerça sa profession de journalière, et mourut le 22 Septembre 1799. Le père de Marie Catherine Delattre était Louis Joseph Delattre, né le 21 Janvier 1704 et mort le 17 Avril 1747, qui était hautelisseur, métier délicat qui consistait à tramer les hautes lisses pour les tapisseries.

C’est là que le nom de Germain disparaît, car je descends d’une de leurs filles, qui perdit son nom de jeune fille quand elle épousa son mari.

Plus tard

 

Je suis un enfant de la méritocratie. Pas un riche qui a mérité. Un gamin élevé par sa grand-mère dont le fils aîné est mort en Allemagne dans un camp de concentration, Pierre Lorthioir, qui était Résistant FFI. Mes huit oncles et tantes étaient ouvriers du textile. Ce sont eux chez qui j’allais manger le week-end.

Alors vous comprenez d’où je viens. Vous comprendrez sûrement que je vibre avec les Gilets Jaunes, pas par je ne sais quoi d’intellectuel, mais parce ces gens sont comme moi, parce qu’on reste à 70 ans ce qu’on a été à 21 ans.

Vous comprenez aussi peut-être pourquoi je me fais chier à animer ce site, pour aider ceux du Peuple et les autres à essayer de se tirer de la merde. Et pour se tirer de la merde il faut d’abord comprendre.

Moi, mes parents, la vie, Dieu sans doute et mes Anges m’ont aidé à allumer ma lumière, aussi faiblarde soit-elle. Alors j’écris…

Algarath

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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