Un sujet que je traite enfin sur le savoir perdu des anciens, le mysticisme nazi n’est certes pas inconnu dans le milieu des chercheurs de vérité voir même dans un milieu assez « mainstream » mais j’ai noté que presque très peu d’articles en français font mention par exemple de l’Ahnenerbe, ce groupe de recherche crée par Himmler ainsi que des expéditions menées par les SS.

 

Comme le titre l’indique, sera également évoqué le cas des fameux « OVNIS » du Troisième Reich.

On trouve foule d’articles là dessus sur le web ainsi que dans la littérature d’après 1947 mais il m’est impensable de ne pas intégrer à ce dossier, cet aspect de l’histoire qui est pour moi quelque chose de bien réel.

Pour cet article, je me suis inspiré en partie mais pas que du livre de Nicholas Goodrick-Clarke, « le Soleil noir », (lien du PDF disponible en fin d’article).

Le Soleil Noir, donc. Symbole formé de 12 runes et gravé dans le marbre du château de Wewelsburg, que Himmler voulait transformer en « Vatican du IIIe Reich ».

L’évolution de l’occultisme nazi au sens large, au cours du XXe siècle, se dessine de façon singulière.

D’abord, au tout début des années 1900, des recherches mystiques du côté du paganisme, du bouddhisme, de l’aryanisme ont peu à peu constitué une dynamique organisée politiquement et idéologiquement, laquelle, d’un côté, s’arrogea les conditions concrètes de sa réalisation utopique, et de l’autre, poussa encore plus loin ses recherches religieuses vers des mythes préhistoriques à une extrême, extraterrestres à autre.

Et la défaite du Reich en 1945 ne fut pas un coup d’arrêt à cette ensemble mythologique, mais une obligation d’évolution : alors que les pays vainqueurs découvraient, stupéfaits, l’exotérisme de l’Allemagne nazie et sa cohorte d’atrocités, son ésotérisme trouvait refuge dans la science-fiction, notamment avec Wilhelm Langig, dont les spéculations finirent par influencer le domaine concret des politiques identitaires.

Cette vision panoramique du XXe siècle et l’étude approfondie de ses mouvements obscurs est indispensable, du fait qu’elle puise dans la mythologie pour produire l’histoire.

La mythologie occulte a également donné aux objets et aux reliques nazies des pouvoirs magiques de renouveau et de régénération.

Des thèmes fictionnels comme la découverte des cendres de Hitler ou d’une colonie nazie secrète dans l’Himalaya se bousculaient parmi les vieilles histoires de survivance nazie.

Bien que phénomène littéraire à l’origine, la théologie perverse des « Mystère nazis » devint un élément puissant dans la mystique néonazie au cours des années 1980 et 1990.

Ces livres populaires ont présenté le phénomène nazi comme le produit d’influences démoniaques et ésotériques.

La remarquable histoire de l’accession au pouvoir de Hitler est directement liée à des pouvoirs surnaturels.

Selon cette mythologie, l’attrait pour le nazisme ne peut s’expliquer avec des considérations matérielles ou profanes.

Aucune analyse empirique des facteurs sociaux ou économiques ne pourrait expliquer cet infâme irrationnalisme ni ces succès rapides.

Des forces occultes et puissantes derrière Adolf Hitler ?

La mystériosophie moderne du nazisme choisit plutôt d’expliquer la montée du IIIe Reich en termes d’un pouvoir absolu mais secret qui aurait soutenu et contrôlé Hitler et son entourage.

Ce pouvoir caché est désigné soit comme une entité désincarnée (par exemple : « forces noires », « hiérarchies invisibles », « supérieurs inconnus »), soit comme une élite occulte d’une autre époque ou d’un endroit lointain, avec laquelle les nazis auraient été en contact.

Les thèmes récurrents de cette tradition populaire sont la possession médiumnique de Hitler, un lien entre les nazis et les maîtres cachés de l’Orient, et la Société de

Thulé et autres ordres occultes servant de réseaux pour l’initiation noire.

Tous les écrivains de ce genre littéraire décrivent donc une histoire secrète du IIIe Reich, inconnue des historiens classiques, histoire dans laquelle le IIIe Reich est l’instrument des pouvoirs sombres pour la réalisation de buts sataniques.

Hans Thomas Hakl a fait un travail de pionnier en identifiant les premières sources françaises voyant Hitler guidé par des force occultes.

En 1934, René Kopp, un auteur mystique chrétien, a cherché le secret du « destin » prodigieux de Napoléon, Mussolini et Hiter dans la totalité des forces spirituelles invisibles qui influencent l’humanité.

Les maîtres du monde (en particulier Hitler) ont été placés sur terre par la

volonté de ces pouvoirs. »

Analysant des photos de Hitler prises à différents moments de sa vie, Kopp affirma que son visage avait changé et qu’il montrait des signes de somnambulisme, ce qui lui laissait voir la possibilité d’une « possession par un esprit d’origine inconnue ».

Un autre écrivain français, Édouard Saby, dans. un écrit de 1939, présenta également Hitler comme un médium, un magicien et un initié, tenant pour preuves des activités magiques de Hitler le fait qu’il soit végétarien, son auto discipline, son parcours artistique ainsi que ses gestes et son regard magiques.

Saby invoquait l’histoire du Vehm ( une cour médiévale secrète) et citait un membre supposé de « l’ordre »

« Nous avons entraîné, entouré et guidé Hitler, nous les Frères du Saint Vehmde Bavière ; nous les Sept Commandants de la Rose-Croix, nous, les Grands initiés… » on trouve ici les germes avant-guerre du mythe des forces occultes nazies.

Dans cette mythologie, la possession démoniaque de Hitler est directement liée à sa vision nietzschéenne d’une nouvelle espèce d’homme, le surhomme aryen appelé à devenir un dieu au milieu des simples mortels.

La production de cette mutation divine est la tâche du national-socialisme, lequel n’est ainsi plus un simple mouvement politique, mais s’attache à transformer la nature même de la vie sur Terre.

La source originale de ces idées était Hermann Rauschning (1887-1982), membre de la classe dominante prussienne et ancien président du sénat de Danzig qui rompit très tôt avec les nazis.

Après avoir émigré d’Allemagne en 1936, il écrivit plusieurs livres exposant la vulgarité des méthodes de base des nazis, qui furent publiés en Angleterre, en France et en Amérique.

Prétendument basé sur une longue série de conversations privées avec le dictateur allemand, « Hitler m’a dit » était censé révéler son nihilisme, son fanatisme et ses ambitions bellicistes, tout autant que sa personnalité instable et lubrique.

Bien que de récentes études aient prouvé avec une quasi-certitude que les conversations de Rauschning sont pour la plupart inventées, ses écrits ont untroublant accent de vérité, rendant la parole de Hitler par un travail d’imagination inspiré.

L’importance de Rauschning dans la mythologie de la possession démoniaque de Hitler est évidente, simplement à partir de quelques citations :

«  Hitler s’abandonnait à des forces qui le transportaient : des forces de violence noire et destructrice.

Il s’imaginait qu’il avait toujours la liberté de choisir, mais cela faisait longtemps qu’il était soumis à une magie que l’on peut très bien décrire, non seulement métaphoriquement mais littéralement, comme appartenant aux esprits du mal. »

Cette entente satanique est liée à l’ambition nazie blasphématoire d’éduquer le surhomme aryen.

Le témoignage d’Otto Strasser sur Hitler est aussi intéressant :

« Ce personnage falot en imperméable et à moustache ridicule, tout à coup se métamorphosait en orateur, mû en archange éloquent… puis l’archange disparaissait et restait un personnage flou, qui se rasseyait, baigné de sueurs, l’oeil vitreux ».

Dans un chapitre intitulé « Le solstice de l’humanité », Rauschning rapporte les rêves de Hitler à propos de l’évolution magique d’espèces humaines évoluées, de

l’ouverture de l’oeil cyclopéen en tant qu’organe de perception surnaturelle et d’autres pouvoirs occultes :

« L’Homme est un Dieu en devenir … Ceux qui ne voient dans le national-socialisme rien d’autre qu’un mouvement politique n’en connaissent quasiment rien.

C’est plus encore qu’une religion : c’est la volonté de créer une nouvelle humanité. »

Hitler ajoute triomphalement :

« L’homme nouveau est parmi nous ! Il est ici ! … Je vais vous confier un secret. J’ai eu la vision de l’homme nouveau : sans peur et formidable. Je ne suis rien à côté de lui ».

Un autre épisode montre Hitler s’éveillant dans la nuit, hurlant et tremblant de terreur devant l’apparition d’une présence innommée, sans doute une vision démoniaque du surhomme.

Les conversations de Rauschning devaient exercer leur plus grande influence en inspirant la mythologie des années 1960 d’un Hitler démoniaque, tout d’abord en France.

Avec une guerre perdue, la collaboration et la libération des Alliés dans la

mémoire récente, l’interprétation démoniaque de Hitler et du nazisme pouvait également servir à excuser la défaite à un niveau inconscient, et faire office de pansement sur la fierté française blessée.

Comment de simples mortels auraient-ils pu faire face a ces monstrueuses puissances des ténèbres ?

Rapidement, la littérature des « Mystères nazis )) combine ce genre de démonologie et le mythe d’un lien nazi avec l’Orient, qui a une complexe origine théosophique et française.

Initialement enracinée dans la mythologie tibétaine et mongole, la notion de centres sacrés cachés en Orient a d’abord été révélée au public occidental par Helena Petrovna Blavatsky, la fondatrice de la théosophie moderne.

Dans La Doctrine secrète (1888), basée sur les ,  « strophes de Dzyan » qu’elle affirme avoir lues dans une lamaserie secrète de l’Himalaya, Blavatsky maintenait qu’il existait de nombreux centres similaires d’apprentissage et d’initiation ésotériques ; de magnifiques bibliothèques et de fabuleux monastères étaient supposés exister dans des cavernes de montagne et des labyrinthes souterrains, dans des régions inexplorées d’Asie Centrale.

Helena Blavatsky (1831-1891)

Les exemples les plus notables de ces centres étaient la cité souterraine d’Agadi, que l’on pensait située en Babylonie, et la belle oasis de Shamballah, dans le désert de Gobi, où les instructeurs divins de la race aryenne avaient, dit-on, préservé leurs connaissances sacrées.

D’autres auteurs théosophiques ont par la suite développé ces spéculations.

Annie Besant et Charles Leadbeater décrivirent « Shambhalla » comme une cité fondée vers 70 000 av. J.-C. par le chef de la race aryenne, sur les rivages de l’ancienne mer de Gobi, alors que Alice Bailey identifiait « Shamballa », également dans le désert de Gobi, le foyer du « Seigneur comme du monde », lequel surveillait l’évolution des hommes jusqu’à ce que tout soit accompli.

La légende d’Agartha, l’autre centre sacré de l’Orient, fut développée par des occultistes français a partir de la fin du XXe siècle.

Louis Jacolliot (1837-1890), un officiel français en poste à Chandernagor en Inde, sous le second Empire, a écrit une trilogie sur la mythologie indienne et ses relations avec le christianisme.

Dans Le fils de Dieu (1873), il raconte les histoires des brahmanes locaux au sujet « d’ Agartha », une capitale solaire préhistorique, foyer du chef prêtre de tous les brahmanes et lieu de la manifestation de Dieu sur Terre.

Prise par la suite par les envahisseurs aryens, la cité fut finalement détruite par lesNordiques vers 5 000 av. J.-C.

Cette mythologie fut en grande partie élaborée par l’occultiste français Joseph Saint-Yves d’Alveydre (1842-1909), qui a décrit la cité secrète d’Agartha comme une théocratie souterraine située dans l’Himalaya et guidant l’histoire du monde.

Initialement située à la surface de la Terre, Agartha fut transféré sous terre et coupé du reste de l’humanité au début du Kali Yuga, soit environ 3 200 ans av. J. -C.

Là, une société technologiquement et spirituellement supérieure, composée de millions de personnes est dirigée par un pontife suprême.

 

Une fois que le monde de la surface aura atteint un niveau spirituel suffisamment avancé, Agartha se révèlera dans toute sa gloire et complètera l’épiphanie de l’humanité par une transformation globale.

Dans les « Mystères nazis », le pouvoir spirituel du Vril s’ajoute à ces idées de théocratie secrète en Orient.

Dans son roman The Coming Race (1871), Sir Edward Bulwer-Lytton attribue ce pouvoir à une race d’hommes souterrains, la Vril-ya, psychiquement bien plus avancée que l’espèce humaine.

Les pouvoirs du vril (apparemment dérivé du latin virile) comprennent la télépathie et la télékinésie.

Cette notion totalement inventée fut citée par madame Blavatsky dans Isis dévoilée (1877) comme nom d’une force mystérieuse qui se fait sentir partout, connue par l’homme depuis le temps des anciens théurgistes.

Le vril était compris comme un énorme réservoir d’énergie psychique, non seulement dans le monde, mais également dans l’organisme humain, accessible aux seuls initiés.

Certains occultistes croyaient que toute personne arrivant à maîtriser la force du vril pourrait, comme le peuple souterrain Vril-ya de Bulwer-Lytton, jouir d’une maîtrise absolue de toute la nature.

Willy Ley, qui a émigré aux États-Unis en 1935 après une brève carrière d’ingénieur aérospatial en Allemagne, a écrit un court récit sur les idées pseudo-scientifiques ayant trouvé une validation officielle durant le IIIe Reich.

En plus de la théorie du monde de glace de Hörbiger et la doctrine de la Terre creuse, qui toutes deux avaient trouvé un accueil favorable chez les responsables nazis, Ley se souvient d’une secte berlinoise qui avait entrepris des exercices de méditation en se concentrant sur une pomme coupée en deux, dans le but de pénétrer les secrets du vril.

Les « mystères nazis » réservent une place spéciale à la Société de Thulé et certains de ses membres en tant que centre occulte du mouvement nazi et réseau d’initiation à la magie noire pour le médiumnique Hitler.

Fondée à Munich en juillet 1918 par Rudolf von Sebottendorff (1875-1945), la Société de Thulé était un groupe raciste-völkisch qui tirait son nom d’Ultima Thulé.

Cette terre nordique fut découverte par le navigateur grec Pythéas de Marseille vers 400 av. J.-C. et fut provisoirement baptisée Islande.

Patrie des Eddas, l’Islande était considérée par Guido von List et d’autres nationalistes allemands du début du XXe siècle comme le refuge des anciens Teutons qui avaient rejeté le christianisme.

La Société de Thulé a assurément joué un rôle central dans les cercles nationalistes et racistes à la fin de la première guerre mondiale, et a fourni un soutien militaire contre la révolution de droite en Bavière au cours du printemps 1919.