Le Complot. Vilain mot, sale habitude !

Il y a des mots qui ont fait florès et qui se sont imposés avec un sens sémantique très précis. Le mot « complot » a été décliné par les tenants de la doxa, pour une bonne raison, c’est de couper les ailes au départ à ceux qui ont la mauvaise idée de s’opposer. Il y a des mots qui concentrent en eux le dégoût qu’on veut faire naître pour ceux qui sont affublés de cette tare. Antisémite en est un autre. Et un complotiste antisémite cumule au centuple ce dégoût. On va laisser « antisémite » dans cet article, car ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est de parler du mot « complot ».

 

 

Par « complot »,en réalité on entend ce qui ose dire le contraire de la doxa qui, ça va de soi, est la vérité des dominants qui dirigent la société. On prononce « complot » et ça y est, celle ou celui qui est montré du doigt est ostracisé, réduit à l’état d’infréquentable qui n’a pas sa place dans le débat public. Ce débat public qui est tout sauf un débat, mais une série de poncifs qui ne menacent en rien l’image des dominants et c’est pour ça que les dominants et leurs sycophantes propagent ces poncifs.

Dans « complot » il y a l’idée d’une action collective. On ne serait pas seul à comploter. Un avant-centre « complote » avec les ailiers pour marquer un but. L’entraîneur complote avec son équipe pour la faire gagner. Un ouvrier complote avec son patron pour fabriquer en temps et en heure. Moi j’écris des articles et ceux qui me lisent complotent.

La finance mondiale ne complote pas. Les banquiers ne complotent pas, ils exercent leurs talents à transvaser l’argent de la masse à une minorité non élue. C’est beau, c’est noble, c’est grand. Alors que comploter c’est petit, c’est sale et ça dévalorise ceux qui sont affublés de cette tare. Les résistants en 1939-1945 étaient appelés des « terroristes. Tout peuple qui se comporte pour s’opposer à quelqu’un qui l’opprime est un peuple terroriste qui, bien entendu, complote pour terroriser.

L’être humain a su s’élever au-dessus des autres animaux que lui, avec le langage. La sémantique est la meilleure et la pire des choses. Il faut voir le poids des mots « républicain », ou « valeurs républicaines ». Les dominants ont fait croire via la religion que « les derniers seront les premiers et le royaume de Dieu leur appartient ».Aussi tuer des mécréants et mourir en héros garantit qu’on se retrouve au ciel avec des vierges.

Le mot « complot » est censé mettre hors-jeu celle ou celui qui en est étiqueté. On l’accuse. Quand les Américains ont massacré les Peaux-Rouges ça n’était pas un complot puisque ceux-ci scalpaient à tout va et violaient les femmes des colons. Quand les Américains ont tué un demi millions d’enfant en Iraq, ça n’était pas un complot, car il fallait faire la guerre à ces cons-là. Ah oui, ils avaient des armes de destruction massive !

Le pire, hélas, c’est que cette grossière tactique marche. Beaucoup ont peur qu’on les accuse de complot. Alors pour ne pas se sentir bannis, ils se tiennent cois et adhèrent à la doxa.

En attendant je complote pour soigner mon diabète et ma pression artérielle, et aussi mon cholestérol. Les compagnies pharmaceutiques, elles, ne complotent pas pour vendre leurs produits, dont plus de la moitié sont des saloperies inutiles et de vrais poisons.

 

 

Comme mon prof d’allemand disait à Sup de Co Lille : « Tout dépend du point de vue d’où l’on se place par rapport à l’idée qu’on s’en fait ».Méditer ça à 18 ans m’a permis de m’affranchir de l’inconvénient de m’écarter trop souvent de la doxa. D’autres n’ont pas eu cette chance ! Monsieur Prêtat je vous aime, vous m’avez permis une liberté qui m’est bien utile !

J’écoute une vidéo intéressante avec les Poinçon-Charlot qui sont des vrais de vrais. Mais quand même Madame se sent obligée de dire qu’eux ne font pas de complot. Dieu merci moi j’ai dépassé ce stade de m’excuser de réfléchir !

Algarath

 

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