La collaboration financière et économique des oligarques avec Hitler

C’est un sujet tabou. Pourtant certains chercheurs sérieux, tant Européens comme Annie Lacroix-Riz qu’Américains ont analysé des milliers d’archives officielles et ont démontré que les oligarques internationaux (Wall Street, Français et Belges notamment) ont contribué grandement à l’effort de guerre allemand et aidé le parti nazi et Hitler.

Je donne ici un résumé du livre de John Gillingham « le grand capital Belge dans le nouvel ordre nazi », qui n’a pas subi de plainte ni des oligarques Belges ni du Roi des Belges qui sont incriminés avec preuves, et qui se sont tenus cois faute de pouvoir infirmer les révélations du livre, respecté parmi une part significative de chercheurs et d’historiens.

Sous l’article je mets en ligne l’excellente présentation sur le sujet d’Annie Lacroix-Riz.

À vous de juger.

 

Les entreprises belges dans le nouvel ordre nazi

 

Ce livre explique comment l’industrie de la Belgique occupée par les nazis a été rattachée à l’économie de guerre allemande. Il s’agit d’une étude de la politique économique allemande concernant la Belgique et de ses activités, ainsi que de la collaboration économique belge avec l’occupant. À lire aussi l’excellent livre de Marc Bloch que je mets en ligne sur ce site en PDF.

 

 

Hitler manquait de plans économiques à long terme pour l’Europe occidentale et la Belgique en particulier. Il n’a pas non plus délégué à un organisme ou à une personne les pouvoirs nécessaires pour appliquer une ligne de conduite cohérente dans ce pays. Le Nouvel Ordre Economique qui a émergé a été façonné par la tension entre les forces d’exploitation ordonnée et de perturbation. Le début de l’occupation a entraîné un pillage frénétique des stocks de matières premières et de nombreuses tentatives, dont certaines ont réussi, pour s’emparer d’actifs financiers. Les mêmes mois ont également vu la mise en place du gouvernement militaire belge et du nord de la France, qui a tenté de donner à la Belgique une forme civilisée de règle d’occupation. Sa position a été renforcée par de nouveaux liens économiques forts belgo-allemands. Les hommes d’affaires du Reich victorieux ont promu la cartellisation de l’industrie belge, initié la formation de relations à long terme avec les fournisseurs, informé les Belges des subtilités du système allemand de rationnement des matières premières et généralement favorisé l’organisation de l’industrie belge. Au cours de la guerre, les besoins de l’Allemagne en matière de production belge ont progressivement pris le pas sur d’autres considérations politiques. La position du Reich devenant désespérée, le vagabondage économique devint de plus en plus fréquent. En résumé, grâce aux habitudes de dépense des forces d’occupation, aux troubles sociaux générés par la déportation du travail et à l’inflation galopante provoquée par les achats massifs du marché noir, la Belgique était au bord de l’effondrement économique au printemps 1944. La politique économique à l’égard de la Belgique occupée doit néanmoins être considérée comme une réussite. L’économie belge était effectivement orientée vers les exigences du marché allemand.

Sa production, à la fois d’éléments spécifiques et en vrac, était d’une grande importance pour l’effort de guerre allemand. La conquête de l’Europe occidentale a en effet fourni au Reich l’équivalent économique d’un allié majeur pour le reste de la guerre.

La politique de collaboration économique a été élaborée par les chefs d’entreprise belges agissant avec l’approbation royale, lancée par sa principale association d’employeurs et sa banque centrale, mise en œuvre avec la coopération de la fonction publique et respectant la durée de l’occupation par l’industrie dans son ensemble. Le reste de la société belge, malgré de nombreux cas individuels d’opportunisme flagrants, s’est trouvé complice à tort de l’effort de guerre nazi. Le principe qui anime la politique des entreprises est que la Belgique doit exporter des biens industriels vers le Reich afin d’obtenir les denrées alimentaires nécessaires pour soutenir la population et empêcher l’expulsion de main-d’œuvre. Aucun de ces objectifs n’a été atteint. Les Allemands n’envisageraient même pas de prévoir une réciprocité dans les produits alimentaires. Les déportations de travail ont commencé au cours des mois correspondant à l’effort de production maximal de la Belgique.

En outre, l’inflation provoquée par le financement belge des achats allemands a érodé les salaires et les salaires et a créé une véritable misère pour la population. La politique n’a toutefois pas changé. Cela tient en partie à la crainte des hommes d’affaires de craindre un bouleversement social après la cessation de la production, mais aussi au désir de leur part d’exercer une activité lucrative et à la réticence à perdre les pouvoirs quasi-officiels l’occupation. Les motifs d’intérêt personnel et politique, bien qu’importants, n’étaient toutefois pas les seuls qui ont incité les dirigeants d’entreprise à collaborer. La profession lui a également offert une opportunité inattendue d’introduire des changements fondamentaux et attendus depuis longtemps dans l’organisation industrielle et la pensée économique, en un mot de moderniser l’industrie belge sur les bases déjà suivies en Allemagne. Comme on le pensait souvent, l’occupation nazie n’était pas une parenthèse vide dans l’histoire de la Belgique, mais un épisode ayant des implications profondes pour son développement futur.

John Gillingham

 

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