Les conséquences de la guerre des espèces atteignent la Banque du Canada

Ne zappez pas parce que le mot Canada est dans le titre. Il se trouve que ce n’est pas plus du Canada qu’il s’agit que de tous les pays, y compris la France. C’est d’un système dans lequel serait exclu le cash dont on parle, et de la critique gouvernementale d’un tel système.

Beaucoup, surtout les sites alternatifs « râleurs » de la classe jacassière ont diffusé l’idée qu’en haut on voulait faire disparaître le cash. Cet article nuance ça avec des arguments qui tiennent, et l’exemple donné est au Canada, là où j’habite depuis 24 ans. Je saisis l’occasion pour dire que l’intelligence ça n’est pas de râler systématiquement sur tout ce que la classe jacassière critique. C’est réfléchir au problème honnêtement et sans parti pris idiot. C’est ce qu’on essaie de faire sur Algarath.

 

Une société sans numéraire pourrait avoir «des résultats collectifs défavorables». Au cours des derniers mois, de nombreuses institutions politiques et financières ont exprimé leur inquiétude face à la marche vers une économie sans numéraire. Ils comprennent:

 

  • La BCE a averti qu’une élimination progressive des liquidités pourrait poser un risque grave pour le système financier. Dépendre trop des systèmes de paiement électronique pourrait exposer les systèmes financiers à des défaillances catastrophiques en cas de panne de courant ou de cyber attaques.
  • La Commission européenne a également reculé contre la guerre des espèces.
  • La People’s Bank of China a annoncé que toutes les entreprises chinoises ne faisant pas du commerce électronique devaient accepter de nouveau les espèces ou risquer de faire l’objet d’une enquête.
  • En Suède, l’une des sociétés les moins généreuses en argent, la banque centrale et le parlement se sont prononcés en faveur de l’argent.
  • Les villes ont également pris la parole, y compris Washington D.C., dont le conseil municipal a présenté un projet de loi visant à interdire aux restaurants et aux détaillants de ne pas accepter d’argent comptant ou de facturer un prix différent aux clients en fonction du mode de paiement utilisé.

 

C’est au tour de la Banque du Canada de tirer la sonnette d’alarme. Dans un document intitulé «Une société sans numéraire est-elle problématique?», elle décrit un certain nombre de risques qui pourraient survenir si le pays cessait de fonctionner sans numéraire.

Le principe qui sous-tend l’analyse est qu’à un moment donné dans l’avenir, les individus et les entreprises décident, de leur propre chef, de cesser complètement d’utiliser des espèces. En réponse, la banque centrale arrête d’imprimer de la monnaie physique en raison des coûts fixes élevés inhérents à la fourniture de billets de banque.

Dans un tel scénario, même si la plupart des individus et des entreprises choisissent librement d’abandonner l’argent liquide, il pourrait y avoir des «résultats collectifs défavorables», avertit l’étude. Par exemple, «une petite partie de la population» peut toujours préférer continuer à utiliser de la monnaie physique plutôt que des paiements électroniques, que ce soit par «un désir continu de transactions anonymes» ou par «les contraintes de dépenses imposées par l’argent. ”

Dans une économie sans numéraire, cette «minorité de personnes» serait moins bien lotie puisque «leur ensemble de choix serait plus petit sans argent». De plus, ils n’auraient aucun anonymat et auraient moins de contrôle sur leurs finances.

Parallèlement, les services de paiement de détail seraient entièrement fournis par des réseaux du secteur privé. En d’autres termes, les banques et les sociétés émettrices de cartes de crédit disposeraient d’un contrôle encore plus monopolistique sur le système de paiement. Au Canada, il n’existe déjà qu’un seul système de carte de débit national, fourni par Interac, et trois grands réseaux de cartes de crédit, exploités par Visa, MasterCard et American Express.

Pour les personnes qui n’ont d’autre choix que d’utiliser de l’argent, telles que celles qui vivent dans des zones géographiquement éloignées ou qui n’ont pas de compte en banque, cela constituerait un problème énorme. Au Canada, le nombre de personnes «non bancarisées» est relativement petit, ne représentant que 2% de la population, mais dans de nombreux autres pays, il est beaucoup plus important. Dans une société sans numéraire, ces personnes auraient du mal à participer à l’économie.

Le problème ne se limite pas à l’exclusion économique. Il faut également prendre en compte le risque de sécurité accru. L’argent, en tant que moyen de transaction, «résiste aux pannes de réseaux électroniques, aux cyber attaques et aux pannes de courant». Dans une économie sans numéraire, la dépendance à l’égard de la fiabilité opérationnelle des réseaux de paiement électroniques grand public et des systèmes d’alimentation associés serait encore plus grande, les deux étant susceptibles de tomber en panne. Une interruption massive des services de visas en Europe occidentale en juin a donné un avant-goût du type de chaos qui pourrait en découler.

L’argent sert également de réserve de valeur vitale dans les crises économiques. Par exemple, au plus fort de la crise économique islandaise, entre 2008-2009, lorsque ses trois grandes banques se sont effondrées, les liquidités en circulation ont plus que doublé. L’augmentation de la demande de billets de banque a été concentrée dans les plus grandes coupures, ce qui semble indiquer qu’elle était essentiellement motivée par des raisons de valeur de réserve.

Même pour les banques centrales elles-mêmes, une économie sans numéraire pourrait causer des maux de tête:

 

  • Perte de seigneuriage. Il s’agit du bénéfice qu’un gouvernement gagne en émettant de la monnaie, tel que représenté par la différence entre la valeur nominale des pièces et des billets et leurs coûts de production. Comme le souligne le rapport, la disparition des liquidités entraînerait une sévère contraction du bilan de la banque centrale, les billets représentant environ les trois quarts du passif de la Banque du Canada.
  • Pouvoirs d’intervention réduits. L’un des moyens par lesquels les banques centrales doivent fournir des liquidités en période de crise financière consiste à vendre leurs avoirs en titres d’État et à acheter d’autres actifs (non liquides) avec le produit. Une contraction non atténuée du bilan de la banque centrale pourrait compromettre sa capacité à utiliser cet outil.

 

Les auteurs suggèrent que ce problème pourrait être compensé si la banque centrale choisissait de faire payer plus cher les services fournis au secteur financier. Elle pourrait également élargir son bilan «en achetant des bons du Trésor et des obligations avec des réserves», à l’instar de certaines banques centrales grâce à leurs programmes d’assouplissement quantitatif.

La BdC conclut le rapport en déclarant que, même si une société sans numéraire ne causerait «généralement» pas de problèmes matériels à l’échelle du système, elle suscite clairement des préoccupations «en ce qui concerne le maintien de la fiabilité opérationnelle». Il peut également être nécessaire de fournir la valeur dans une crise financière (extrême) ainsi qu’une alternative aux réseaux de paiement privés, ajoute-t-il.

Le rapport propose trois réponses politiques possibles:

 

  • Conservez l’obligation de dégager des liquidités et envisagez des mesures préventives pour atténuer l’érosion potentielle de la demande de liquidités au fil du temps.
  • Réglementer les réseaux de paiement critiques pour améliorer la fiabilité opérationnelle et atténuer les effets anticoncurrentiels.
  • Émettre une «monnaie numérique» de la banque centrale – une version numérique du dollar canadien et non une «crypto monnaie» – pour concurrencer les réseaux de paiement privés.

 

Les auteurs n’indiquent pas quelle option est préférable, mais ils ont clairement des doutes quant à la possibilité de se débarrasser de leur argent sans avoir au moins des alternatives viables en place. Et pour le moment, il n’y a pas d’alternative viable

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