Le nouveau système financier multilatéral

Alors que la quasi-totalité des gens l’ignorent, le système financier actuel basé sur le dollar américain est en train d’être remplacé par un nouveau système financier, multilatéralcette fois. Cela aura des conséquences incommensurables pour les Etats-Unis, qu’on développera au fil des semaines sur ce site.

En bref, l’influence de ce pays du chaos va s’étioler de façon marquée. Cela sera surtout en avant tout une mainmise semblable à une poigne de fer d’une monnaie appartenant aux élites, et à leur usage final exclusif. L’astuce étant que les avantages pour le système financier mondial seront conséquents. La meilleure et la pire des choses. On doit y être viscéralement opposé.

Il y a des appels croissants pour une consolidation monétaire plus importante et la mondialisation des banques centrales, propres à certains pays (FED aux US, BCE en Europe, etc.) qu’il est prévu de regrouper sous l’autorité d’une banque mondiale (la Banque des Règlements Internationaux de Bâle, la BRI ou BIS en anglais), servirait à cette fin. Ça, c’est le plan des élites.

Les intérêts mondiaux préparent l’avènement du système financier multilatéralet coupent le lien du système monétaire basé sur le dollar américain, et éliminent ainsi les déséquilibres qui sont inhérents dans ce cadre.

Avec le système financier multilatéral qui s’annonce, le cadre des institutions internationales telles que le Fonds monétaire international devra être ajusté de façon extrêmement importante, et nous en voyons la mise en œuvre imminente du Plan B pour le FMI(maintes fois annoncé par Christine Lagarde du FMI) et le contingentement des réformes de gouvernance 2010 signées au FMI par le monde entier. Les réformes vont se restructurer dans l’institution afin de mieux refléter les réalités économiques des économies émergentes, comme la Chine. Premier pas en Octobre 2016, le Yuan chinois entre dans la composition des DTS / SDR (Droits de Tirage Spéciaux du Fonds Monétaire International).

La transition vers le système financier multilatéral qui est décidé par les élites est, en substance, un abandon du système structuré du dollar US. Le dollar US a remplacé au début du 20èmesiècle (1914 environ) la Livre Sterling comme Réserve de Change et s’est imposé dès les accords de Bretton Woods en 1944 comme première monnaie mondiale. Cela a conféré aux US le privilège de vivre sur le dos des autres pays du monde et de les régenter comme ils l’entendaient. Ce temps est fini.

Le système basé sur le dollar actuel a survécu sur un cadre de politique monétaire qui a mis l’accent sur la stabilité des prix et croissance de la production, les deux qui affectent la stabilité financière par les impacts sur la valorisation des actifs, les prix des matières premières, le crédit, l’effet de levier, et des taux de change.

Les banques centrales du monde entier ont suivi des cadres de politique monétaire incompatibles avec les tentatives marginales à empêcher les initiatives de croissance interne d’avoir un impact négatif sur l’effet des autres pays et régions.

 

Les déséquilibres de système de paiement du dollar US et le cadre de la politique monétaire des banques centrales ont été la principale cause des déséquilibres économiques entre les économies développées et les économies émergentes. Pour que tout système financier multilatéral fonctionne efficacement ces déséquilibres doivent être pris en compte et les cadres connexes doivent être ajustés.

Les mandats des banques centrales et des cadres de politique monétaire ont été très largement insuffisants pour répondre à ces déséquilibres. Encore une fois, en tant que tel, les cadres du système bancaire central doivent être restructurées autour des mêmes lignes que les réformes du FMI.

La Banque des Règlements Internationaux a fixé les mandats et les cadres politiques des banques centrales depuis sa création, plus ou moins dans l’ombre, ce qui fait que le public n’en a aucune idée et ne suspecte rien. La BRI organise régulièrement des réunions avec les gouverneurs des banques centrales du monde entier, mais ces réunions sont également insuffisantes à l’élaboration de cadres alternatifs et sont insuffisantes pour créer l’atmosphère de transparence qui serait nécessaire pour réduire au minimum l’impact sur l’effet des politiques incohérentes.

La coordination entre les banques centrales du monde est nécessaire pour que les ajustements et la restructuration des mandats et des politiques d’encadrement soient effectivement mis en œuvre. Au sein de l’organisation BIS il y a un groupe de travail appelé le Comité sur le système financier mondial, qui est chargé de la conception et de la mise en œuvre de ces ajustements, et qui est responsable de la transparence entre les banques elles-mêmes, et aussi entre les banques et les autres institutions internationales, telles que le FMI. Ce comité est composé des banques centrales les plus importantes et l’accent est mis sur la liquidité mondiale, monnaie et du crédit des politiques communes, et la stabilité financière. Les banques membres sont:

 

Reserve Bank of Australia

Banque de Corée

Banque Nationale de Belgique

Banque centrale du Luxembourg

Banque centrale du Brésil

Banque du Mexique

Banque du Canada

Pays-Bas Banque

Banque populaire de Chine

Autorité monétaire de Singapour

Banque Banque centrale européenne de l’Espagne

Banque de France

Sveriges Riksbank

Deutsche Bundesbank

Banque nationale suisse

Banque de Hong Kong

Autorité monétaire de la Banque d’Angleterre

Reserve Bank of India

Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale

Banque d’Italie

Federal Reserve Bank of New York

Banque du Japon

 

Le lecteur attentif remarquera que la Russie ne figure pas dans la liste, ce qui a probablement beaucoup à voir avec la diabolisation récente de la Russie dans les médias occidentaux, et les tentatives de la Russie d’être inclue dans les réformes multilatérales plus larges. Nous pourrions éventuellement voir une situation se développer où la Chine tourne le dos à la Russie, et où l’alliance des BRICS serait fragmentée, mais à ce point le système financier multilatéral sera en activité, ce qui dans ce cas suggère que la Chine pourrait manipuler le développement des BRICS à son propre avantage. Ce sera la surprise !

Certains des éléments que le comité aura à développer sont une nouvelle série de mandats pour la stabilité financière, des stress tests pour mesurer des changements efficaces sur les prix des actifs, l’activité économique, et comment éviter les bulles alors que maintenant elles ne font que seulement les identifier, ou les provoquer.

Ces ajustements aux cadres de politique monétaire pourraient potentiellement conduire à des périodes où les banques centrales s’écartent des objectifs précédents de lutter contre l’inflation, mais ce résultat est maintenant considéré comme acceptable par la poursuite de l’instabilité financière.

Cette déclaration signale seule la fin inévitable des politiques d’assouplissement quantitatif et ZIRP (Zéro Interest Rate Policy soit les taux zéro), qui ont gardé la déflation à bonne distance par la promotion de l’inflation. Les taux d’intérêt augmenteront pour que des ajustements plus larges soient efficaces.

Le passage au système multilatéral exige l’intégration plus large et la coordination entre les banques et les institutions telles que le FMI et la BRI, avec pour corollaire que les gouvernements doivent abandonner plus d’autonomie financière en ce qui concerne la régulation financière (Ben voyons !). L’alternative est un approfondissement et la poursuite de l’instabilité financière, qui commence à devenir plus enracinée que la déflation, et créer une crise de liquidité croissante et insoutenable, qui déclenchera un chaos très supérieur à tout ce qu’on a vu jusqu’à présent, crise mondiale de 1929 y compris.

La mondialisation des institutions financières est obligatoire pour que le monde adopte la restructuration ordonnée de la dette souveraine. Un élément important de cette restructuration de la dette est l’échange des comptes de  réserves de change contre des DTS, ou droits de tirage spéciaux du FMI. Cet échange sera fait par des comptes de substitution, ce qui permettra la création de liquidités en DTS. Actuellement le DTS ne sont créés que par l’allocation, ce qui est insuffisant pour répondre aux exigences mondiales de liquidité. Les demandes de DTS doivent être échangées directement avec les banques centrales contre de la monnaie nationale.

Pour la pleine intégration des DTS et des cadres de politique monétaire de la banque centrale de façon à réussir, les gouvernements du monde entier devront adopter une loi, qui modifierait les politiques et les mandats entourant les trésors nationaux, et comment ils interagissent avec les banques centrales nationales. Ces ajustements importants à la législation aideront à prévenir le potentiel des grandes pertes de change que le dollar américain produit sur le solde du système de paiement.

 

Dans l’attente des ajustements à la législation nationale pour soutenir le DTS, un système de lignes de crédit pourraient être développés qui seraient administrés par le FMI et la BRI. Mais avec la disponibilité actuelle du DTS, il est contre-productif de ne pas adopter une législation nationale pour soutenir les ajustements de politique-cadre.

La législation du Congrès américain soutenant le soutien du FMI et le contingentement des réformes de gouvernance 2010 a entraînée des retards qui ont été contre-productifs. Le refus par le Congrès d’entériner les réformes acceptées en 2010 par 187 pays du monde dont les États-Unis ayant courroucé les élites, dont le FMI et le think-tank (groupe de réflexion) le plus impliqué, l’institut Petersen, dont il suffit de lire les membres pour savoir qu’il est au service exclusif de l’élite. Comme indiqué précédemment, les réformes seront mises en œuvre que ce soit par le régime A ouB, ce dernier étant extrêmement plus destructeur pour les cadres de politique monétaire américaine.

Le Comité sur le système financier mondial à la BRI continue de restructurer les cadres de politique monétaire des banques centrales du monde, et nous attendons la mise en œuvre du Plan B pour les réformes du FMI. Les choses avancent comme prévues et le monde prépare le passage dès fin 2016 à une pleine réalisation du système financier multilatéral.

Vous voyez en lisant ce qui précède que les élites mondiales financiarisées et les banquiers chercheurs de rente sur notre dos ambitionnent ainsi passer à la vitesse supérieure, en réduisant à néant les politiques nationales et en instaurant une monnaie mondiale, les DTS, préludes à l’établissement d’un gouvernement unique mondial sous leur contrôle.

Dénoncer cette infamie qui se déroule à la face du monde est la moindre des choses. La faire échouer semble problématique.

 

Algarath

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